« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

L’«effet prothèse» ou comment remplacer l’humain

L’«effet prothèse» ou comment remplacer l’humain

Le processus d’automatisation, qui vise notamment à substituer la présence et les capacités humaines par des logiciels bourrés d’algorithmes, a pour conséquence une régression mentale et physiologique des hommes dans leurs activités professionnelles et, d’une manière générale, dans leur existence personnelle. Des questions se posent inévitablement, dont une de nature politique et morale : quelle place est alors laissée à l’avenir de l’humanité dans un tel système, qui lui-même a été inventé par l’homme, en particulier celui de l’Occident ? Et pourquoi donc ce destin funeste, dont on ne sait où tout cela va le mener ?

continuer la lecture →

L’homme augmenté : les dessous d’un mythe

L’homme augmenté : les dessous d’un mythe

Notre dépendance aux nouvelles technologies change, au quotidien et insidieusement, notre rapport aux autres, comme à l’espace public ou au commun. L’un des risques est que, dans les situations les plus ordinaires, nous finissions par attendre des êtres humains qu’ils se comportent comme des machines. Le problème n’est pas de savoir si les machines vont renverser les humains mais de comprendre dans quelles conditions – sociales, politiques, éthiques et économiques – les êtres humains se mettent à agir machinalement, à désirer ressembler aux machines qu’ils conçoivent.

continuer la lecture →

Notre-Dame-des-Landes, l’État et le système technicien

Notre-Dame-des-Landes, l’État et le système technicien

Au-delà de l’aéroport et de son monde, l’aventure de la « Zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes contribua à mettre en débat et rendre visibles des enjeux trop souvent dissimulés, en particulier à l’époque du gouvernement libéral d’Emmanuel Macron, soucieux de transformer la France en « start-up nation ». Nous pensons que les maux dont souffrent la planète et nos sociétés hyper-industrialisées sont le fruit du productivisme, de la croyance en « l’innovation » et du culte de l’État qu’il faut contrer en soutenant la pérennisation des expérimentations à Notre-Dame-des-Landes.

continuer la lecture →

Frankenstein et le transhumanisme

Frankenstein et le transhumanisme

L’usage éthique des nouvelles technologies impose une prise de distance par rapport à l’idéologie transhumaniste. Cette idéologie veut nous séduire. Le mythe prémonitoire de Frankenstein nous met en garde : elle risque bien, au contraire, de nous détruire. Les transhumanistes veulent nous convaincre que Prométhée est heureux. Mais il ne peut l’être, car la puissance de la technique ne peut supplanter l’amour. Frankenstein nous prévient que le bonheur de l’homme ne se trouve pas dans une sortie de l’humanité.

continuer la lecture →

De quelle culture scientifique parlons-nous ?

De quelle culture scientifique parlons-nous ?

La culture « scientifique » qui clôture et dévitalise le monde n’est pas Science. Cette culture est celle de la Technique, pas celle de la recherche de connaissance. La Science, si quelque chose d’universellement partagé existe derrière ce mot, est le lieu du débat, de l’échange, la confluence des pluralités de pensées. Elle s’ouvre au monde, l’interroge, doute, formule des hypothèses. Cette Science-là ne cherche pas à dominer le débat, à imposer son modèle, à figer le réel. Elle ne cherche qu’à ouvrir son regard et sa pensée afin d’enrichir au mieux notre rapport au monde et aux autres.

continuer la lecture →

La technologisation de la vie : du mythe à la réalité

La technologisation de la vie : du mythe à la réalité

Le déferlement technologique bouleverse notre vie quotidienne. Le travail, les relations familiales et amicales, les loisirs, etc. Quasiment plus aucun pan de l’existence humaine, individuelle comme collective, n’échappe désormais à l’emprise numérique. Or, cette « technologisation » de la vie et de la société − largement impensée − a des effets déterminants, voire des impacts préoccupants, et pour la plupart irréversibles, sur la nature, la santé, la politique et in fine sur le devenir de notre « communauté de vie et de destin ». Dans le cadre d’une séance publique, tenue en janvier dernier à l’Université du Bien Commun à Paris, Sciences Critiques était invité à dresser un constat critique de cet état de fait.

continuer la lecture →

Je ne doute pas, donc je ne pense pas

Je ne doute pas, donc je ne pense pas

La science ne peut retrouver son sens profond que dans la régénération du doute. Le moment du scepticisme revient en même temps que celui du pluralisme scientifique. L’ère des experts triomphants, fossoyeurs de la pensée, doit céder la place au retour d’un véritable Humanisme. L’interrogation principale posée aujourd’hui à l’Humanité est de savoir si l’Homme veut encore maîtriser son propre destin.

continuer la lecture →

Edgar Morin pense les mots de l’humanité

Edgar Morin pense les mots de l’humanité

Penseur de la complexité, le sociologue et philosophe Edgar Morin élabore une œuvre foisonnante. Au cœur de ses réflexions, l’homme, la civilisation humaine, la nature, la vie, la connaissance, le langage, la logique… Davantage reconnu du grand public que du monde scientifique, l’auteur de La Méthode fournit pourtant, du haut de ses 96 ans, des clés de compréhension pour penser le devenir de l’humanité. Pour lui, la « communauté humaine » se dirige inéluctablement vers deux futurs antinomiques mais inséparés : l’un « catastrophique » et l’autre « euphorique ».

continuer la lecture →

Pour un droit à la recherche

Pour un droit à la recherche

Pour nous, chercheurs et chercheuses en sciences sociales, la judiciarisation de la recherche commence à être un vrai problème. Elle est le témoignage d’un front large pour la déstabilisation de nos professions. Au côté de la criminalisation du mouvement social, c’est aujourd’hui la criminalisation des sciences humaines qui menace. Nous ne sommes pas uniquement des fonctionnaires d’État, nous sommes les sentinelles du présent. Et ce rôle qui est le nôtre est toujours un peu plus menacé. Ne nous contentons pas d’observer.

continuer la lecture →

L’imagination au laboratoire !

L’imagination au laboratoire !

Le succès du mot « sérendipité » est un symptôme du malaise que ressentent les chercheurs face aux transformations contemporaines des conditions de la recherche. L’usage actuel du terme, mettant l’accent sur le hasard ou la chance, empêche de saisir les enjeux épistémologiques et politiques dont il est porteur. Aujourd’hui, ce mot prend la valeur d’un concept, essentiel pour dire l’importance de la liberté, de la subjectivité et du dialogue dans la découverte, et pour défendre une conception humaniste du savoir.

continuer la lecture →