« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Grands Entretiens

Serge Latouche : «Il faut décoloniser les sciences»

Professeur émérite d'Economie Politique à l'Université Paris-Sud, Serge Latouche développe, depuis les années 1960, une critique radicale du développement et de la croissance économique. Selon lui, la science, devenue technoscience au sortir de la Seconde Guerre mondiale, avec l'alliance − inédite dans l'Histoire − des scientifiques et des techniciens, a joué, et joue plus que jamais de nos jours, un rôle moteur dans l'expansion du capitalisme thermo-industriel. « Le Mal », selon cet « objecteur de croissance », qui en appelle à la « dissidence  » face à un système « insoutenable » menant tout droit au « suicide de l'espèce humaine ».

Pièces et Main-d’Œuvre : «Le transhumanisme, une logique guerrière de l’évolution»

Pièces et Main-d'Œuvre (PMO) est un collectif créé en 2003, engagé dans une critique radicale de la recherche scientifique et du complexe militaro-industriel, se définissant comme un « atelier de bricolage pour la construction d'un esprit critique grenoblois ». A travers leurs enquêtes, leurs recherches et leurs écrits, ils s'opposent au système technicien et dénoncent ce qu'il a d'intrinsèquement mortifère. Leur dernier ouvrage, paru en septembre 2017, est le Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme (Editions Service compris), un appel à la résistance contre ce « néo-nazisme surgi des laboratoires ».

Jacques Testart : «Il faut prendre le mal à la racine»

La recherche scientifique peut-elle continuer plus longtemps à se soustraire à la démocratie ? Alors que « l'avenir se fabrique dans les laboratoires », comme le rappelle Jacques Testart, la toute-puissance croissante de la science n'est contrecarrée par aucun contre-pouvoir citoyen. Pourtant, des procédures démocratiques existent − comme les « conventions de citoyens » − pour orienter les développements technoscientifiques dans le sens de l'intérêt général. Rencontre avec un biologiste, « critique de science », défenseur de l'« humanitude ».

Jean-Pierre Olivier de Sardan : «Il y a de multiples points de vue idéologiques sur le développement»

Le développement est communément perçu comme un moyen de domination de l'Occident ou comme un obstacle à l'évolution durable de l'Humanité. L'anthropologue africaniste Jean-Pierre Olivier de Sardan, spécialiste du développement, privilégie l'empirisme aux idéologies. Selon lui, c'est l'étude concrète et rigoureuse des phénomènes sociaux qui permet de comprendre et de porter un regard critique et nuancé sur les enjeux actuels.

Paul Jorion : «Se débarrasser du capitalisme est une question de survie»

Si, à la faveur du mouvement de contestation de la loi El-Khomri, la place et l'avenir du travail dans notre société ont récemment fait − et font toujours − l'objet de débats particulièrement intenses, la destruction de l'emploi salarié et du travail humain par le système capitaliste et le déferlement technologique semble toutefois être un impensé du mouvement social comme de la classe politique dans son ensemble. Pourquoi ? Explications avec le socio-anthropologue et ancien trader Paul Jorion.

Sebastian Vincent Grevsmühl : «Il est urgent de repenser nos imaginaires»

Dans son essai La Terre vue d'en haut. L'invention de l'environnement global, l'historien des sciences Sebastian Vincent Grevsmühl montre comment s'est forgé le regard englobant de l'homme sur la Terre. Ambivalente, cette vision donne à voir un monde clos et fini, potentiellement maîtrisable, mais aussi un espace fragile, aux ressources limitées. A l'heure du réchauffement climatique, l'auteur questionne, à travers notre représentation du monde, les valeurs que nous attachons à notre environnement.

Joël Spiroux : «Le XXIème siècle doit devenir le siècle de l’hygiène chimique»

Depuis le début du XXème siècle, et l'essor de l'industrie chimique, plusieurs centaines de millions de tonnes de produits toxiques se sont déversées sur la planète. Ce véritable « pot de chambre chimique » n'est pas sans conséquence sur l'environnement et les hommes. Pourtant, la médecine environnementale reste aujourd'hui le parent pauvre de la recherche scientifique. Pourquoi ? Éléments de réponse avec Joël Spiroux de Vendômois, docteur en médecine, spécialiste en médecine générale et en médecine environnementale.

Mohammed Taleb : «Oser les indisciplines de l’intuition»

Philosophe algérien et enseignant en écopsychologie, Mohammed Taleb travaille sur les interactions entre écologie, critique sociale, spiritualité et science. Son dernier ouvrage, Theodore Roszak, vers une écopsychologie libératrice, critique la démesure quantitative contemporaine et présente un nouveau champ alliant raison et imaginaire : l'écopsychologie.

Jean-Marc Lévy-Leblond : «Il n’y a pas de maîtrise démocratique de la science»

Physicien, professeur émérite de l'Université de Nice, Jean-Marc Lévy-Leblond appelle de ses vœux une « critique de science », une nécessité démocratique pour comprendre le sens et la portée de l'activité scientifique. Il est l'auteur d'un nouvel ouvrage, La science expliquée à mes petits-enfants, un condensé d'érudition pour appréhender les sciences dans toutes leurs dimensions.

Laure Noualhat : «Les climatosceptiques se moquent de la vérité scientifique»

Journaliste, spécialiste de l'environnement – passée durant 15 ans par Libération –, Laure Noualhat a co-écrit et co-réalisé le documentaire Climatosceptiques : la guerre du climat. Une plongée passionnante – et déroutante – au coeur d'un groupe d'agitateurs politiques dont les visées dépassent allègrement les seules questions scientifiques.

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