« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

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Des clés et des repères

Le forçage génétique, «un pouvoir de domestication de la totalité du vivant»

Le forçage génétique, «un pouvoir de domestication de la totalité du vivant»

La recherche en génie génétique explose ces dernières années. L’un de ses derniers avatars, encore largement méconnu – le forçage génétique –, passionne et inquiète par ses potentielles répercutions sociales, biologiques, militaires et commerciales. Dans le premier rapport international sur le forçage génétique, trois groupes de scientifiques dressent un état des lieux de cette technologie. « Le forçage génétique impose une attention urgente », note leur rapport, qui, en conclusion, ouvre des pistes pour s’opposer à son développement.

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Régis Aubry : «Le système de soins actuel favorise une forme de maltraitance par défaut d’humanité»

Régis Aubry : «Le système de soins actuel favorise une forme de maltraitance par défaut d’humanité»

Dans un avis rendu public fin 2022 et remis au ministre de la Santé, François Braun, le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) tire les « leçons de la crise sanitaire et hospitalière ». Selon le CCNE, l’épidémie de Covid-19 a révélé une « crise morale » au sein de l’hôpital public et la souffrance des professionnels de santé. Parmi les maux qui touchent le système de santé français : la « technicisation » accrue de la pratique soignante, qui privilégie les actes techniques au détriment de la relation de soin. Trois questions à Régis Aubry, chef du service de soins palliatifs du centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon et rapporteur de l’avis du CCNE.

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Richard-Emmanuel Eastes : «Le complotisme est le symptôme des dérèglements du monde»

Richard-Emmanuel Eastes : «Le complotisme est le symptôme des dérèglements du monde»

D’où vient le phénomène complotiste contemporain ? Vitupéré par certains observateurs, qui attribuent son existence essentiellement à des dysfonctionnements cognitifs individuels – voire à une maladie mentale –, il est, au contraire, considéré par d’autres comme un phénomène avant tout social, révélateur d’une sorte de « désenchantement du monde ». Trois questions à Richard-Emmanuel Eastes, docteur en sciences de l’éducation et en philosophie, pour qui « les complotistes », terme de nos jours essentialisé, sont « souvent ceux qui expriment le plus fort esprit critique ».

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Scientist Rebellion : «Il n’est plus minuit moins cinq, mais minuit cinq passé»

Scientist Rebellion : «Il n’est plus minuit moins cinq, mais minuit cinq passé»

La fête (de la science) est finie. En France, le tout jeune mouvement de scientifiques engagés Scientist Rebellion (« Scientifiques en rébellion ») a profité de la grand-messe scientiste annuelle qu’est la Fête de la science pour mener des conférences-occupations ciblant « des lieux dans lesquels se décident des projets climaticides ou écocides ». Des mobilisations qui (in)augurent d’autres actions dans les semaines et les mois à venir, notamment en Allemagne. Trois questions à Manua, coordinateur de Scientist Rebellion pour la France.

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Le ministère de l’e-Education nationale

Le ministère de l’e-Education nationale

Fervent promoteur des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement, Jean-Michel Blanquer, qui a réussi l’exploit de demeurer ministre de l’Education nationale durant tout le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, a contribué à la prise de pouvoir rampante des géants du numérique et d’Internet – au premier rang desquels les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) – et des industriels de la tech sur la politique éducative nationale. Cette technologisation de l’éducation cible en premier lieu le travail quotidien des personnels, enseignants et administratifs, mais aussi désormais les cerveaux des élèves, nouveaux « cobayes » de la neuropédagogie.

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«Seule la non-puissance peut sauver le monde»

«Seule la non-puissance peut sauver le monde»

« Ce n’est ni la politique, ni l’économie, ni la finance, ni l’idéologie, ni les valeurs éthiques qui constituent le facteur déterminant des modes de vie au cours du XXème siècle, mais bien le phénomène technicien ». Un nouveau livre, signé Frédéric Rognon, professeur de philosophie des religions à la faculté de Théologie protestante de Strasbourg, présente et confronte les pensées foisonnantes de Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, pour que, « au bord du gouffre, face à l’abîme, un fil de lumière perce les ténèbres de l’avenir. » Eclairant.

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La guerre des mondes

La guerre des mondes

Depuis plusieurs décennies maintenant, au-delà des scrutins électoraux qui, le plus souvent, déçoivent les espoirs qu’y placent les citoyens en quête de transformations profondes et structurelles, des luttes politiques prennent corps et se déploient sur plusieurs terrains et plusieurs fronts, dépassant le traditionnel clivage gauche-droite. Aujourd’hui plus que jamais, dans un contexte d’accélération de l’effondrement du vivant, deux camps s’affrontent dans une lutte virulente : les partisans d’un monde vivant contre les artisans d’un monde-cyborg. Cette guerre des mondes s’annonce comme le combat politique du XXIème siècle.

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Vincent Ball : «Il est très dangereux de libéraliser la recherche»

Vincent Ball : «Il est très dangereux de libéraliser la recherche»

Docteur en physique-chimie, Vincent Ball est professeur en sciences des matériaux à l’Université de Strasbourg. C’est en scientifique critique qu’il observe depuis plusieurs années, de l’intérieur, les évolutions de la recherche et de l’enseignement supérieur, entre influences du technoscientisme et emprise du néolibéralisme. Face à la « startupisation » du monde académique et au malaise ressenti par un nombre toujours plus important d’enseignants-chercheurs, il ouvre des pistes de réflexion et de résistance. Trois questions à un scientifique inflexible.

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Anne Rasmussen : «Les crises sanitaires exacerbent les problèmes structurels des sociétés»

Anne Rasmussen : «Les crises sanitaires exacerbent les problèmes structurels des sociétés»

Directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et professeure en histoire des sciences à l’Université de Strasbourg, Anne Rasmussen étudie l’histoire sociale et culturelle des pratiques savantes et des savoirs biomédicaux. Comment l’histoire, et plus particulièrement l’histoire de la santé et de la médecine, peuvent-elles éclairer la crise politico-sanitaire du Covid-19 ? Trois questions à cette historienne, pour qui « l’histoire offre un répertoire d’expériences qui aide à l’intelligibilité des situations contemporaines ».

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Roger Lenglet : «La recherche scientifique s’est laissée aliéner par l’argent»

Roger Lenglet : «La recherche scientifique s’est laissée aliéner par l’argent»

Spécialiste des nanotechnologies et, plus généralement, de l’influence des lobbies industriels sur la recherche scientifique et les politiques de santé publique, le philosophe et journaliste d’investigation Roger Lenglet incarne un autre journalisme scientifique. « La vulgarisation a une vocation critique bien plus fondamentale qu’on ne le croit vulgairement », écrit-il. C’est ce regard qu’il cultive, depuis une trentaine d’années maintenant, à travers de nombreux ouvrages, en particulier contre les dénis du monde de la recherche et de l’industrie. Trois questions à un journaliste scientifique engagé et sensible.

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