« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Stop au gâchis humain !
par Roland Gori et Marie-José Del Volgo

Inutile d’avoir des larmes de crocodile sur les méfaits des gaz à effet de serre lorsque, dans la rue, dans les hôpitaux, dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et les lieux de travail, nous laissons nos concitoyens « crever » de solitude et de misère pour limiter les « déficits » des services publics ou accroitre la performance de leurs employés. Comment l'humain pourrait-il mieux prendre soin de la planète qu'il ne se traite lui-même ? Toute révolution écologique qui ferait l'impasse sur cette interrogation conduirait à un échec. C'est une évidence.

L’«intelligence végétale» pour repenser radicalement notre (rapport au) monde ?
par Sciences Critiques

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LE 24 NOVEMBRE DERNIER, Sciences Critiques a organisé une conférence-débat, à Paris, dans le cadre du Festival du livre et de la presse d'écologie (Felipé), consacrée à l'« intelligence » des plantes et intitulée : « L'intelligence végétale pour repenser radicalement notre (rapport au) monde ? ».

Près de 80 personnes ont participé à cet événement, en présence de François Bouteau, biologiste, maître de conférences à l'Université Paris 7-Denis Diderot, et Quentin Hiernaux, philosophe, chercheur au Fonds National Belge de la Recherche Scientifique (FNRS), coordinateur de l'ouvrage Philosophie du végétal (Éditions Vrin, 2018).

 

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Yves Cochet : «Ce qu’il faut combattre, c’est l’esprit productiviste et scientiste»
par Sciences Critiques

Depuis quelques années, la collapsologie suscite l'intérêt du grand public, des médias, des milieux militants, du monde universitaire, et jusqu'au personnel politique. Ancien ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement dans le gouvernement de Lionel Jospin (2001-2002), député français puis député européen de 1997 à 2014, Yves Cochet vient de publier Devant l'effondrement. Essai de collapsologie (Les Liens qui libèrent). Trois questions à un homme politique, mathématicien de formation et écologiste de conviction, qui se revendique désormais comme « collapsologue ».

Pourquoi (et comment) critiquer la technologie aujourd’hui ?
par Sciences Critiques

L

E 29 MAI dernier, Sciences Critiques a organisé deux conférences-débats, à Paris, consacrées à la technocritique et intitulées : « Pourquoi (et comment) critiquer la technologie à l'heure de la crise sociale et écologique ? Pour l'émergence d'une communauté technocritique ! ».

Près de 200 personnes ont participé à cet événement, en présence de : Jean-Baptiste Fressoz (historien), François Jarrige (historien), Alain Gras (socio-anthropologue), Paul Jorion (socio-anthropologue), Joël Decarsin (professeur et militant associatif), Célia Izoard (journaliste et activiste) et Cédric Biagini (éditeur).

Avec eux, nous avons abordé, entre autres sujets, l'histoire du mouvement technocritique en Europe, les imaginaires du progrès technique, l'apparition de l'Anthropocène comme conséquence de la « démesure technicienne », les effets et les méfaits du techno-capitalisme et enfin la nécessité de faire émerger une communauté technocritique aujourd'hui, à travers notamment le projet politique alternatif de la décroissance, l'action directe contre les machines ou encore le retour à une véritable culture humaniste.

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La vie sur Terre frappée d’alignement
par Hélène Tordjman

Les « instruments de marché » sont vus comme des outils aptes à préserver la nature. Or, l'extension du domaine de la finance à la nature n'est pas neutre. Elle a et aura des effets directs et concrets, ainsi que d'autres plus indirects mais tout aussi nuisibles. Tout d'abord, plus il y aura de dispositifs de valorisation de la nature, plus le mouvement d'accaparemment des terres s'accélèrera. Ensuite, seuls seront protégés les fonctions, écosystèmes et espèces qui sont directement utiles à Homo Sapiens. Enfin, une telle approche approfondit encore la réification de la nature et l'anthropocentrisme qui lui est consubstantiel. En bref, la financiarisation des « services écosystémiques » est une impasse.

Annie Dequeker : «L’Université, ce n’est pas uniquement des enseignants et des étudiants»
par Sciences Critiques

En 1975, est paru, au sein de la toute jeune Université Paris 7-Denis Diderot, le Module Enragé. A travers la publication de huit numéros, ce journal « éphémère » de critique interne d'une institution universitaire créée officiellement quatre ans plus tôt entendait donner la parole aux sans-voix de l'université : son personnel technique et administratif. Né à la suite d'un mouvement de grève, il illustre, à lui seul, les rapports de force et de domination existant dans les établissements d'enseignement et de recherche français. Trois questions à Annie Dequeker, rédactrice et illustratrice du Module Enragé.

Aux sources de la mythologie techniciste
par Daniel Cérézuelle

L’œuvre du philosophe Jean Brun (1919-1994) nous propose une analyse pénétrante des racines existentielles du technicisme et du transhumanisme contemporains. Comme de nombreux philosophes modernes de la technique, il constate l'ambivalence de la civilisation technicienne, qu'il aborde de manière originale en accordant une grande importance au rapport étroit qui, selon lui, associe la technique à la déraison. Pour Brun, c'est par essence, et non par accident, que notre rapport à la technique recèle un risque de déshumanisation. C'est pourquoi, il nous invite à accomplir un incessant travail critique de démythologisation et de démystification de la technique.

Où va la science ?
par Anne-Laure Boch

Où va la science ? Dévoiler le monde naturel ou créer un nouveau monde ? La science nous promet un envol radieux, délivré des pesanteurs de notre condition mortelle et terrestre. Mais le futur pourrait être tout autre. Le cheval emballé de la technoscience pourrait rencontrer plus tôt que prévu le mur de la réalité. Ses prétentions infinies pourraient se fracasser sur les limites d'un monde fini. Limites écologiques, limites économiques, limites politiques et sociales. Le désordre mondial qui vient fera rendre gorge aux utopies technoprogressistes, dont le transhumanisme est le dernier avatar. On peut le regretter... ou éprouver un secret soulagement. Après tout, le rêve technoscientifique n'était-il pas en train de virer au cauchemar ?

Serge Latouche : «Il faut décoloniser les sciences»
par Gary Libot

Professeur émérite d'Economie Politique à l'Université Paris-Sud, Serge Latouche développe, depuis les années 1960, une critique radicale du développement et de la croissance économique. Selon lui, la science, devenue technoscience au sortir de la Seconde Guerre mondiale, avec l'alliance − inédite dans l'Histoire − des scientifiques et des techniciens, a joué, et joue plus que jamais de nos jours, un rôle moteur dans l'expansion du capitalisme thermo-industriel. « Le Mal », selon cet « objecteur de croissance », qui en appelle à la « dissidence  » face à un système « insoutenable » menant tout droit au « suicide de l'espèce humaine ».

Le stade incitatif de la vérité
par Eric Sadin

Une vie comme insensiblement et littéralement mise sous tutelle émerge par la grâce de l’intelligence artificielle nous indiquant de son index, tel le Pantocrator, le Christ en majesté, la bonne voie à emprunter. Dorénavant, nous attendons des processeurs qu’ils nous gouvernent avec maestria, qu’ils nous délivrent du fardeau que nous endurons depuis l’aube des temps qui pourtant constituait jusqu’à peu le sel de la vie et de notre relation au monde : celui de devoir à tout instant nous prononcer, nous engager, bref, de mettre en jeu notre responsabilité.

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