« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Penser ce que nous faisons
par Hannah Arendt

La situation créée par les sciences est d'une grande importance politique. La seule question est de savoir si nous souhaitons employer nos nouvelles connaissances scientifiques et techniques pour détruire toute vie organique sur Terre. C'est une question politique primordiale que l'on ne peut guère, par conséquent, abandonner aux professionnels de la science, ni à ceux de la politique.

Jean-Pierre Olivier de Sardan : «Il y a de multiples points de vue idéologiques sur le développement»
par Anna Carbonnel / Sciences Critiques

Le développement est communément perçu comme un moyen de domination de l'Occident ou comme un obstacle à l'évolution durable de l'Humanité. L'anthropologue africaniste Jean-Pierre Olivier de Sardan, spécialiste du développement, privilégie l'empirisme aux idéologies. Selon lui, c'est l'étude concrète et rigoureuse des phénomènes sociaux qui permet de comprendre et de porter un regard critique et nuancé sur les enjeux actuels.

La sociologie contre le néolibéralisme
par Christian Laval

Quelles sont les tâches de la sociologie, et plus largement, de la science sociale, face à l’accélération des mutations contemporaines ? Pour nous, la réponse est claire. La science sociale doit retrouver le sens de l’engagement. Il ne fait guère de doute que le néolibéralisme aujourd'hui impose partout ses évidences. Ne pas le comprendre serait condamner la sociologie à la marginalisation et à l’insignifiance.

Subordonner les technosciences à l’éthique
par Collectif

Alors que la recherche de nouveaux savoirs honore l’espèce humaine, celle de nouveaux savoir-faire sous l’égide des marchés et d’une accélération des projets prométhéens engage la responsabilité des scientifiques. Les conséquences sur les humains, les sociétés et la nature sont telles qu’elles nécessitent le contrôle par la société. Exprimez-vous !

Promouvoir la recherche participative
par François Veillerette et Christian Vélot

La science et les technologies entraînent de profondes transformations sociales, politiques, éthiques et juridiques qui exigent une régulation démocratique. La recherche participative, qui repose sur un partenariat équilibré et une co-construction du savoir entre chercheurs institutionnels et organisations de la société civile ou groupes de citoyens, fait partie intégrante de ce processus de démocratisation de la science. Exprimez-vous !

Interdit d’enfants
par Agnès Noël / Sciences Critiques

La question semblait circonscrite à une idéologie eugéniste cantonnée au siècle dernier. Mais, crise financière et populisme obligent, des politiques et des associations continuent aujourd'hui à interdire à certaines personnes vulnérables d’avoir des enfants. Un « eugénisme social » toujours en vigueur aux États-Unis comme en Europe.

La mise en marché de l’Université
par Eric Berr et Léonard Moulin

Nous ne sommes pas condamnés à une marchandisation croissante de l’enseignement supérieur et de la recherche. Refuser de brader l’avenir de notre jeunesse et du pays tout entier suppose d’augmenter significativement les dépenses publiques dans ces domaines. S’il n’existe pas de modèle idéal, il serait utile de mener une réflexion en ce sens si l’on souhaite favoriser un enseignement supérieur qui promeut l’équité et l’égalité des chances et cesse d’être un vecteur de reproduction sociale.

Notre-Dame-des-Landes : une «zone à défendre de la pensée»
par Stéphanie Genteuil / Sciences Critiques

La « Zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes reste aujourd'hui menacée d'évacuation. Des personnalités du « monde des livres, des lettres et des savoirs » ont décidé de se mobiliser pour prendre sa défense. Mais les habitants du bocage cherchent à s’affranchir de toutes formes de domination. Et prendre appui sur l’aura de reconnaissance que confèrent les sciences et leur « savoir légitime » ne va pas sans poser question.

Pour en finir avec le dogme de l’Immaculée Conception de la science
par Daniel Cérézuelle

La société peut-elle supporter plus longtemps un tel rythme de l'innovation scientifique et technique ? A quel niveau faut-il plafonner les investissements pour que les conséquences écologiques, sociales et culturelles de l’innovation soient assimilables par la société ? Ces questions concernent tous les citoyens. Mais réduire le financement de la recherche, c'est menacer la principale église de notre temps. Réflexions sur la « crise » française.

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?
par Vincent Devictor

Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

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