« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Histoire(s)

Aux sources de la mythologie techniciste

L’œuvre du philosophe Jean Brun (1919-1994) nous propose une analyse pénétrante des racines existentielles du technicisme et du transhumanisme contemporains. Comme de nombreux philosophes modernes de la technique, il constate l'ambivalence de la civilisation technicienne, qu'il aborde de manière originale en accordant une grande importance au rapport étroit qui, selon lui, associe la technique à la déraison. Pour Brun, c'est par essence, et non par accident, que notre rapport à la technique recèle un risque de déshumanisation. C'est pourquoi, il nous invite à accomplir un incessant travail critique de démythologisation et de démystification de la technique.

Jean-Christophe Coffin : «Il est légitime que les citoyens interpellent les scientifiques»

Le mouvement de contestation de Mai-68 n'a pas épargné la communauté scientifique. A l'instar des étudiants et des travailleurs engagés contre l'« ordre établi », des scientifiques critiques se sont mobilisés à l'époque pour faire entendre leur voix. Hiérarchies institutionnelles, « science pure », orientations de la recherche, participation citoyenne, etc. Les pratiques des chercheurs, comme la place et le rôle de l'institution et des savoirs scientifiques, furent radicalement remis en cause. Trois questions à Jean-Christophe Coffin, enseignant-chercheur en Histoire des Sciences et des Techniques à l'Université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis et au Centre A. Koyré à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).

Choisir définitivement entre l’enfer et la raison

Avec la bombe atomique, la civilisation mécanique est parvenue à son dernier degré de sauvagerie. Dans un avenir plus ou moins proche, il va falloir choisir entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

Raspail ou l’apologie de la démocratie médicale

Parfaitement connecté aux débats de son temps, François-Vincent Raspail n’est pas la butte-témoin d’un monde archaïque. Il est la proue d’une nouvelle critique sociale de la médecine moderne forgée dans le contexte d’aspiration démocratique et sociale des années 1840. Les questions innombrables qu'il pose ne sont pas marginales. Elles sont, au contraire, au cœur des débats sociaux générés par la constitution, après la Révolution, d’une médecine libérale et monopolistique.

Allons-nous continuer la recherche scientifique ?

« Au début, nous pensions qu’avec des connaissances scientifiques, en les mettant à la disposition de suffisamment de monde, on arriverait à mieux appréhender une solution des problèmes qui se posent. Nous sommes revenus de cette illusion. Nous pensons maintenant que la solution ne proviendra pas d’un supplément de connaissances scientifiques, d’un supplément de techniques, mais qu’elle proviendra d’un changement de civilisation. » Mort en novembre 2014, Alexandre Grothendieck était considéré, par nombre de ses pairs, comme le plus grand mathématicien du XXème siècle.

Penser ce que nous faisons

La situation créée par les sciences est d'une grande importance politique. La seule question est de savoir si nous souhaitons employer nos nouvelles connaissances scientifiques et techniques pour détruire toute vie organique sur Terre. C'est une question politique primordiale que l'on ne peut guère, par conséquent, abandonner aux professionnels de la science, ni à ceux de la politique.

Aux racines de la critique des sciences

Au-delà de l’idée que le développement scientifique et technique ne conduira pas nécessairement à une vie meilleure, la critique de la science est avant tout une pensée sur la science, c’est-à-dire une façon de concevoir la science et le rôle qu’elle joue au sein de nos sociétés, ou le rôle qu’on lui fait jouer.

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