« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Que connaissons-nous vraiment des sciences ?
par Sciences Critiques

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NUCLÉAIRE, amiante, vache folle, clonage, ondes électromagnétiques – et autres nuisances quotidiennes –, produits chimiques, organismes génétiquement modifiés (OGM), Médiator, gaz de schiste, géo-ingénierie, biotechnologies, nanotechnologies, intelligence artificielle, transhumanisme...

Depuis quelques années déjà, les scandales médiatico-scientifiques, concernant les problématiques environnementales et les questions de santé publique, se multiplient.

Or, ces « affaires », de plus en plus conflictuelles, voire virulentes, interpellent et mobilisent au-delà du seul champ scientifique.

Davantage que les chercheurs et les experts, la société civile, les organisations non gouvernementales (ONG), les associations, chacun-e d'entre nous, « citoyen-ne-s ordinaires », sommes légitimes pour prendre part à ces controverses.

En réalité, ces dossiers, qui dépassent le simple cadre des sciences, soulèvent de véritables questions sociales, politiques et éthiques. Des questions qui, fondamentalement, ont partie liée à notre démocratie comme à nos conditions d'existence :

La recherche scientifique répond-elle aux besoins de l'humanité ? Quelle est la responsabilité des scientifiques dans la « crise » sociale, politique, économique et écologique actuelle ? Les experts scientifiques ont-ils pris le pouvoir ? Les « progrès » scientifiques et techniques dépossèdent-ils les citoyens de leurs libertés fondamentales ?

Et bien d'autres questions encore...

De la fabrique du consentement à celle du soupçon
par Joël Decarsin

Quels enseignements tirer de l'invasion du Capitole par les partisans de Donald Trump d'un point de vue technocritique ? Cet événement n’est jamais qu’un avertissement de plus, après bien d’autres. Combien en faudra-t-il encore pour éviter que la vague complotiste ne prenne les dimensions d’un tsunami ? Tant que l'humanité tout entière continue de sacraliser la technique à son insu, elle s'oriente non seulement vers une catastrophe écologique mais aussi vers ce que le sociologue Gérald Bronner appelle « l’apocalypse cognitive ».

Marylène Patou-Mathis : «Les hommes préhistoriques étaient aussi des femmes»
par Sciences Critiques

Marylène Patou-Mathis est préhistorienne et directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). S’appuyant sur les dernières découvertes de sa discipline et l’analyse des idées reçues que véhicule, encore aujourd’hui, la littérature savante, la chercheuse pose les bases d’une autre histoire des femmes à travers le temps, plus proche de la réalité car débarrassée des préjugés sexistes. Trois questions à l’autrice de L’Homme préhistorique est aussi une femme. Une histoire de l'invisibilité des femmes (Editions Allary, 2020).

Paul Kern, ou la science déchaînée contre le sommeil
par Gautier Demouveaux

A l'entre-deux-guerres, l'histoire singulière de l'officier militaire hongrois Paul Kern, blessé sur le champ de bataille par une balle en pleine tête, a fait rêver certains scientifiques au cours du XXème siècle : et si l'on pouvait supprimer définitivement le sommeil, ce temps « inutile » de l'existence humaine ? Une nouvelle illustration du Progrès ? Pas pour les écrivains et les artistes romantiques de l'époque, qui dénoncèrent alors avec véhémence les dangers de cette atteinte à la vie humaine ; pire, un « coup de grâce pour toute la race humaine ».

Mais que font les universitaires ?
par Anthony Laurent / Sciences Critiques

« Mais que font les universitaires ? Dans un monde ravagé par la croissance industrielle sans limite, les thèses de la décroissance n'ont jusqu'à présent guère intéressé la plupart des chercheurs en "sciences sociales". Comment l'expliquez-vous ? » Le journal La Décroissance a consacré les pages « Débat » de son numéro de novembre à la place dévolue aux thèses de la décroissance dans les milieux universitaires. Sciences Critiques était invité à faire part de ses réflexions.

Patrick Chastenet : «Le progrès technique soulève plus de problèmes qu’il n’en résout»
par Sciences Critiques

Penseur iconoclaste du progrès technique et auteur d'une œuvre prolifique, Jacques Ellul (1912-1994) figure parmi les intellectuels incontournables pour comprendre la crise écologique contemporaine. A l'heure de la pandémie de Covid-19, ses analyses de notre « société technicienne », qui « sacralise » la technique tout en surexploitant les êtres humains et la nature, nous éclairent sur les périls qui menacent nos sociétés modernes. Trois questions à Patrick Chastenet, professeur de Science Politique à l'Université de Bordeaux, auteur du livre Introduction à Jacques Ellul (La Découverte, 2019).

Bruno Canard : «Demander un médicament dès le lendemain d’une épidémie n’a aucun sens»
par Sciences Critiques

Bruno Canard est directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) à l'Université Aix-Marseille. Sa spécialité : les coronavirus. Alors que la course mondiale aux médicaments et aux vaccins contre le Covid-19 fait rage, il souhaite faire entendre la « colère légitime » des scientifiques de la recherche publique, dont le travail pour répondre à l'urgence sanitaire n'est pas, selon lui, suffisamment reconnu par les gouvernements. Trois questions à un chercheur engagé contre le désengagement des pouvoirs publics dans la recherche sur les virus émergents.

Peut-on breveter le soleil ?
par Eliane Mandine

Le Covid-19 a le mérite de nous obliger à reconsidérer les disparités d’accès aux médicaments en fonction des revenus des patients et de la partie du monde où ils se trouvent. Cette prise de conscience est à saisir pour repenser ce qui nous est commun : le droit universel aux soins de santé. Les biens et services de santé doivent être placés hors des lois du marché, hors des logiques capitalistes. Pour ce faire, doivent se mettre en place de nouveaux modèles de recherche et développement, de production et de distribution, sous le contrôle des travailleurs et de la société. C’est remettre la santé au cœur de nos politiques publiques.

Laurent Aillet : «Reconnaître la vérité, c’est s’obliger à changer»
par Sciences Critiques

La pandémie actuelle de Covid-19 illustre-t-elle l'effondrement de notre civilisation ? Alors qu'à l'urgence sanitaire succède désormais une profonde crise socio-économique mondiale, les gouvernements ont toutes les peines du monde à relever les défis posés par les nouveaux risques systémiques globaux. Seront-ils prêts à affronter les chocs suivants, et notamment ceux causés par les dérèglements climatiques ? Trois questions à Laurent Aillet, expert en risques, président de l'association Adrastia et co-directeur, avec le journaliste Laurent Testot, de l'ouvrage collectif Collapsus (Albin Michel, 2020).

Jacques Testart : «La gestion de l’urgence s’accorde mal avec la science»
par Sciences Critiques

Une opinion publique prise à témoin, des citoyens qui s'affrontent par études scientifiques interposées, des responsables politiques, sommés de prendre des décisions dans l'urgence, qui en appellent à l'avis des experts, etc. La controverse scientifique concernant la chloroquine et la polémique autour du professeur Didier Raoult se sont propagées comme une traînée de poudre dans l'espace public. Les citoyens s'intéresseraient-ils enfin, à la faveur de la crise sanitaire actuelle, à la recherche scientifique ? Et y aura-t-il un avant et un après-Covid-19 pour les chercheurs ? Trois questions à Jacques Testart, biologiste et « critique de science ».

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