« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Que connaissons-nous vraiment des sciences ?
par Sciences Critiques

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NUCLÉAIRE, amiante, vache folle, clonage, ondes électromagnétiques – et autres nuisances quotidiennes –, produits chimiques, organismes génétiquement modifiés (OGM), Médiator, gaz de schiste, géo-ingénierie, biotechnologies, nanotechnologies, intelligence artificielle, transhumanisme...

Depuis quelques années déjà, les scandales médiatico-scientifiques, concernant les problématiques environnementales et les questions de santé publique, se multiplient.

Or, ces « affaires », de plus en plus conflictuelles, voire virulentes, interpellent et mobilisent au-delà du seul champ scientifique.

Davantage que les chercheurs et les experts, la société civile, les organisations non gouvernementales (ONG), les associations, chacun-e d'entre nous, « citoyen-ne-s ordinaires », sommes légitimes pour prendre part à ces controverses.

En réalité, ces dossiers, qui dépassent le simple cadre des sciences, soulèvent de véritables questions sociales, politiques et éthiques. Des questions qui, fondamentalement, ont partie liée à notre démocratie comme à nos conditions d'existence :

La recherche scientifique répond-elle aux besoins de l'humanité ? Quelle est la responsabilité des scientifiques dans la « crise » sociale, politique, économique et écologique actuelle ? Les experts scientifiques ont-ils pris le pouvoir ? Les « progrès » scientifiques et techniques dépossèdent-ils les citoyens de leurs libertés fondamentales ?

Et bien d'autres questions encore...

Aujourd’hui, il est trop tard
par Joël Decarsin

Pourfendre le nucléaire, les organismes génétiquement modifiés (OGM), la télésurveillance, les puces RFID ou l’addiction aux écrans, c’est passer à côté de l’essentiel, ne viser que « les » techniques, jamais « la » technique dans son ensemble, l’idéologie à l’œuvre derrière la supercherie intellectuelle nommée « humanisme ». C'est donc une « défaite de la pensée » qui nous rend inconséquents et impotents. La technique était l'enjeu du XXème siècle. Elle est devenue la fatalité du XXIème siècle. L’émergence d’une communauté technocritique semble la condition minimale pour ne pas céder au fatalisme.

Jean-Christophe Coffin : «Il est légitime que les citoyens interpellent les scientifiques»
par Sciences Critiques

Le mouvement de contestation de Mai-68 n'a pas épargné la communauté scientifique. A l'instar des étudiants et des travailleurs engagés contre l'« ordre établi », des scientifiques critiques se sont mobilisés à l'époque pour faire entendre leur voix. Hiérarchies institutionnelles, « science pure », orientations de la recherche, participation citoyenne, etc. Les pratiques des chercheurs, comme la place et le rôle de l'institution et des savoirs scientifiques, furent radicalement remis en cause. Trois questions à Jean-Christophe Coffin, enseignant-chercheur en Histoire des Sciences et des Techniques à l'Université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis et au Centre A. Koyré à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).

Pourquoi résister à l’Intelligence artificielle ?
par Cédric Sauviat

La fameuse complémentarité de l'homme et de la machine est un leurre. Loin de donner du pouvoir aux hommes, l'Intelligence artificielle (IA) les en dépossède. L'aventure technologique qui s'annonce constitue la plus formidable entreprise d'aliénation jamais imaginée à l'encontre du genre humain. Face aux critiques et aux inquiétudes, les partisans de l'IA aiment à répéter qu'elle seule permettra à l'humanité de résoudre les graves problèmes qui la minent. C'est oublier un peu vite que ces problèmes proviennent, en bonne part, du système technico-économique, dont l'IA représente précisément le point culminant.

L’«effet prothèse» ou comment remplacer l’humain
par Simon Charbonneau

Le processus d'automatisation, qui vise notamment à substituer la présence et les capacités humaines par des logiciels bourrés d’algorithmes, a pour conséquence une régression mentale et physiologique des hommes dans leurs activités professionnelles et, d’une manière générale, dans leur existence personnelle. Des questions se posent inévitablement, dont une de nature politique et morale : quelle place est alors laissée à l’avenir de l’humanité dans un tel système, qui lui-même a été inventé par l’homme, en particulier celui de l’Occident ? Et pourquoi donc ce destin funeste, dont on ne sait où tout cela va le mener ?

L’homme augmenté : les dessous d’un mythe
par Gérard Dubey

Notre dépendance aux nouvelles technologies change, au quotidien et insidieusement, notre rapport aux autres, comme à l’espace public ou au commun. L’un des risques est que, dans les situations les plus ordinaires, nous finissions par attendre des êtres humains qu’ils se comportent comme des machines. Le problème n’est pas de savoir si les machines vont renverser les humains mais de comprendre dans quelles conditions – sociales, politiques, éthiques et économiques – les êtres humains se mettent à agir machinalement, à désirer ressembler aux machines qu’ils conçoivent.

Notre-Dame-des-Landes, l’État et le système technicien
par Technologos

Au-delà de l’aéroport et de son monde, l’aventure de la « Zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes contribua à mettre en débat et rendre visibles des enjeux trop souvent dissimulés, en particulier à l’époque du gouvernement libéral d’Emmanuel Macron, soucieux de transformer la France en « start-up nation ». Nous pensons que les maux dont souffrent la planète et nos sociétés hyper-industrialisées sont le fruit du productivisme, de la croyance en « l'innovation » et du culte de l'État qu’il faut contrer en soutenant la pérennisation des expérimentations à Notre-Dame-des-Landes.

Frankenstein et le transhumanisme
par Brice de Malherbe

L’usage éthique des nouvelles technologies impose une prise de distance par rapport à l’idéologie transhumaniste. Cette idéologie veut nous séduire. Le mythe prémonitoire de Frankenstein nous met en garde : elle risque bien, au contraire, de nous détruire. Les transhumanistes veulent nous convaincre que Prométhée est heureux. Mais il ne peut l'être, car la puissance de la technique ne peut supplanter l'amour. Frankenstein nous prévient que le bonheur de l'homme ne se trouve pas dans une sortie de l'humanité.

De quelle culture scientifique parlons-nous ?
par Jérôme Santolini

La culture « scientifique » qui clôture et dévitalise le monde n’est pas Science. Cette culture est celle de la Technique, pas celle de la recherche de connaissance. La Science, si quelque chose d'universellement partagé existe derrière ce mot, est le lieu du débat, de l’échange, la confluence des pluralités de pensées. Elle s’ouvre au monde, l’interroge, doute, formule des hypothèses. Cette Science-là ne cherche pas à dominer le débat, à imposer son modèle, à figer le réel. Elle ne cherche qu’à ouvrir son regard et sa pensée afin d'enrichir au mieux notre rapport au monde et aux autres.

La technologisation de la vie : du mythe à la réalité
par Anthony Laurent / Sciences Critiques

Le déferlement technologique bouleverse notre vie quotidienne. Le travail, les relations familiales et amicales, les loisirs, etc. Quasiment plus aucun pan de l'existence humaine, individuelle comme collective, n'échappe désormais à l'emprise numérique. Or, cette « technologisation » de la vie et de la société − largement impensée − a des effets déterminants, voire des impacts préoccupants, et pour la plupart irréversibles, sur la nature, la santé, la politique et in fine sur le devenir de notre « communauté de vie et de destin ». Dans le cadre d'une séance publique, tenue en janvier dernier à l'Université du Bien Commun à Paris, Sciences Critiques était invité à dresser un constat critique de cet état de fait. Première partie.

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