« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Savoir

L’imagination au laboratoire !

Le succès du mot « sérendipité » est un symptôme du malaise que ressentent les chercheurs face aux transformations contemporaines des conditions de la recherche. L’usage actuel du terme, mettant l’accent sur le hasard ou la chance, empêche de saisir les enjeux épistémologiques et politiques dont il est porteur. Aujourd’hui, ce mot prend la valeur d’un concept, essentiel pour dire l’importance de la liberté, de la subjectivité et du dialogue dans la découverte, et pour défendre une conception humaniste du savoir.

Second avertissement à l’humanité

En 1992, les plus grands scientifiques du monde lançaient un « avertissement à l'humanité » pour en finir avec la destruction de l'environnement. Vingt-cinq ans plus tard, force est de constater que nous n'avons pas tenu compte de leur alerte. Et bientôt, il sera trop tard. Des actions urgentes peuvent être mises en œuvre pour que l'humanité prenne le chemin de la soutenabilité. Mais le temps presse...

Pour une édition scientifique libérée du marché

Si les universités et les gouvernements sont de plus en plus convaincus de la nécessité du libre accès aux publications scientifiques, de nombreux éditeurs s’accrochent à ce marché lucratif. Le mouvement du libre accès améliore la qualité de la science. Il pourrait aussi permettre aux scientifiques de se réapproprier leurs droits sur leur travail et de mettre ces droits au service du bien commun.

La technologie est une politique

La rationalité politique n’est plus compréhensible par les citoyens puisqu'elle est dominée par une autre rationalité, cachée, celle d’un système économique dominé par des réalités technologiques. Or, de nos jours, cette rationalité technologique, qui a envahi le champ du politique, rend encore plus illusoire une émancipation politique, culturelle et sociale, sans repolitisation du corps social.

Choisir définitivement entre l’enfer et la raison

Avec la bombe atomique, la civilisation mécanique est parvenue à son dernier degré de sauvagerie. Dans un avenir plus ou moins proche, il va falloir choisir entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

Un ministère pour la transition

Il faut lutter contre les prises en charge technocratique, scientiste et, au final, économiciste, qui contraignent le mot « transition », et dont le nouveau ministère de la Transition écologique et solidaire est l'expression. Cette spécialisation n'a, en effet, d'autre but que de le plier à la loi du marché. Il ne faut rien laisser à l'ennemi et surtout pas les mots, pas même celui-ci. Nous devons, au contraire, restituer au mot « transition » sa trouble ambivalence et sa capacité à ouvrir sur l'insécurité créatrice de la vie.

Raspail ou l’apologie de la démocratie médicale

Parfaitement connecté aux débats de son temps, François-Vincent Raspail n’est pas la butte-témoin d’un monde archaïque. Il est la proue d’une nouvelle critique sociale de la médecine moderne forgée dans le contexte d’aspiration démocratique et sociale des années 1840. Les questions innombrables qu'il pose ne sont pas marginales. Elles sont, au contraire, au cœur des débats sociaux générés par la constitution, après la Révolution, d’une médecine libérale et monopolistique.

Allons-nous continuer la recherche scientifique ?

« Au début, nous pensions qu’avec des connaissances scientifiques, en les mettant à la disposition de suffisamment de monde, on arriverait à mieux appréhender une solution des problèmes qui se posent. Nous sommes revenus de cette illusion. Nous pensons maintenant que la solution ne proviendra pas d’un supplément de connaissances scientifiques, d’un supplément de techniques, mais qu’elle proviendra d’un changement de civilisation. » Mort en novembre 2014, Alexandre Grothendieck était considéré, par nombre de ses pairs, comme le plus grand mathématicien du XXème siècle.

La politique du fait accompli

En février dernier, l'Assemblée Nationale a adopté une déclaration de principe relative à la science et au progrès dans la République. Cette déclaration intervient dans un contexte social où la confiance dans les vertus de la science est remise en cause. Ce texte, qui n'a aucune valeur législative, mais seulement une portée politique et doctrinale, apparaît ainsi pour ce qu'il est : un rappel à l'obligation de la foi dans la science.

Que serait une science responsable ?

Par les temps qui courent, nous n’avons pas besoin de scientifiques cyniques, désespérés, ni même saisis par la culpabilité. Nous avons besoin de scientifiques qui apprennent à rencontrer des interlocuteurs porteurs de questions qui importent, qui leur demandent de poser, avec eux, des questions que leur institution les a incités à ne pas poser. La question de la responsabilité des sciences, toute utopique qu’elle puisse sembler, revêt une pertinence politique cruciale.

Top