« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Savoir

L’empire idéologique des chiffres

La magie des chiffres a envahi les méthodes de gouvernement partout dans le monde. De là, le règne des « vérités » statistiques, des sondages d'opinion, des taux de croissance, etc. Ces chiffres acquièrent même une valeur normative, dictant tant les politiques publiques qu'économiques. Tout cela ne peut qu'annoncer un ordre totalitaire mondial, contraire à tous les divers héritages culturels de l'humanité.

Tchernobyl, Fukushima : les aménageurs de la vie mutilée

Proclamant qu’il faut « gérer » sa peur à la suite de catastrophes comme celles de Tchernobyl et de Fukushima, les aménageurs de la vie mutilée, relayés par des représentants d'instances étatiques ou associatives, prétendent réduire à néant toute possibilité de mise en cause de la déraison nucléaire, enjoignant à chacun d’en tirer au contraire parti, plutôt que de se hasarder à en rechercher les responsables et à rendre inhabitées des terres inhabitables.

L’écologie est-elle une science sociale ?

L’écologie a oublié ce qu’elle est : une science non pas naturaliste, mais sociale. Elle est une sociologie, voire la sociologie du monde. La sociologie humaine n’en serait qu’un département. L’écologie est également un socialisme, car elle défend l’intérêt général, celui des hommes et de la planète, à partir de règles concertées.

Terre, planète bleue

Oui à la recherche. Cela correspond à la perpétuelle quête de connaissances, qui est une caractéristique de notre espèce. Mais il nous faut arriver à utiliser notre savoir quand les retombées sont favorables au vivant, ou du moins, sans préjudice pour les humains.

Qu’est-ce que la science post-normale ?

La science post-normale révèle que la science normale, conduite en laboratoire et étendue à la conquête de la nature par le truchement de la science appliquée, n’est plus adaptée à la résolution des problèmes écologiques mondiaux. La qualité de la réflexion scientifique doit désormais être assurée par une « communauté élargie de pairs », composée de non-initiés.

Religiosité de la technoscience

La science remplit dans notre société technicienne le rôle que la religion jouait jadis dans les sociétés du passé. C'est donc la posture de liberté d’esprit qui doit être aujourd’hui à l’origine de sa remise en question comme religion séculière.

Nuclear Manoeuvres in the Dark

L'énergie titanesque libérée par la physique nucléaire est à la mesure de la violence inhérente à ce mode de connaissance. Elle manifeste le principe d’illimitation qui meut l’entreprise scientifique moderne – principe qui, en se mariant à l’illimitation de l’économie capitaliste, nous expose à un danger mortel.

Transhumanistes contre bioconservateurs

Les transhumanistes ont la tentation d'opposer deux camps : celui des biotransgressifs, parmi lesquels ils se comptent, et celui des bioconservateurs, avec lesquels ils ferraillent. Il convient de revoir − et même de retourner − les termes du débat. Le risque inhérent aux biotechnologies n'est-il pas, en effet, de tuer la vie, et pas seulement de « tuer la mort ».

Les sciences naturelles sont-elles révolutionnaires ?

Décider de l’avenir de la société ne peut plus désormais se faire indépendamment de la nature. En ce seul sens, la nature entre résolument en politique. Et les sciences de la nature constituent dès lors les organes sensoriels de la politique.

Y’a-t-il des « antiscience » ?

En matière de climat comme d’Organismes génétiquement modifiés (OGM), on oppose volontiers les « anti-science » aux « pro-science ». C’est une erreur. Organiser le débat de cette manière, c’est confondre plusieurs niveaux d’analyse, et se condamner à ne pas pouvoir avancer.

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