« Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n'auront plus que des crédulités scientifiques. » (Anatole France)

Que connaissons-nous vraiment des sciences ?
par Sciences Critiques

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NUCLÉAIRE, amiante, vache folle, clonage, ondes électromagnétiques – et autres nuisances quotidiennes –, produits chimiques, Organismes génétiquement modifiés (OGM), Médiator, gaz de schiste, géo-ingénierie, biotechnologies, nanotechnologies, transhumanisme...

Depuis quelques années déjà, les scandales médiatico-scientifiques, concernant les problématiques environnementales et les questions de santé publique, se multiplient.

Or, ces « affaires », de plus en plus conflictuelles, voire virulentes, interpellent et mobilisent au-delà du seul champ scientifique.

Davantage que les chercheurs et les experts, la société civile, les Organisations non gouvernementales (ONG), les associations, chacun-e d'entre nous, « citoyen-ne-s ordinaires », sommes légitimes pour prendre part à ces controverses.

En réalité, ces dossiers, qui dépassent le simple cadre des sciences, soulèvent de véritables questions sociales et politiques. Des questions qui, fondamentalement, ont partie liée à notre démocratie comme à nos conditions d'existence :

La recherche scientifique répond-elle aux besoins de l'humanité ? Quelle est la responsabilité des scientifiques dans la « crise » sociale, économique et écologique actuelle ? Les experts scientifiques ont-ils pris le pouvoir ? Les « progrès » scientifiques et techniques dépossèdent-ils les citoyens de leurs libertés fondamentales ?

Et bien d'autres questions encore...

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?
par Vincent Devictor

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Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

Le gène de la violence : un instrument politique
par Léa Galanopoulo / Sciences Critiques

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Naît-on violent ou le devient-on ? C’est toute la question soulevée par le « gène de la violence ». Son existence, largement contredite par la science, sert une idéologie sécuritaire, au mépris de l’analyse sociologique.

Arnaque transhumaniste, arnaque productiviste
par Sarah Dubernet

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Le Transhumanisme n'est-il pas le support idéologique du productivisme depuis ses débuts, tout autant qu'une très vieille arnaque qui se dévoile désormais sans complexe dans des discours « high tech » ? Le Transhumanisme est, avant tout, un discours terriblement laid sur l'existence et terriblement beau sur la technologie, à l'heure où celle-ci n'a jamais été aussi nocive et tyrannique. Il est temps de penser sérieusement − avec toute la gravité que cela implique − une résistance organisée à cette religion mondialisée dévastatrice.

Paul Jorion : «Se débarrasser du capitalisme est une question de survie»
par Sciences Critiques

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Si, à la faveur du mouvement de contestation de la loi El-Khomri, la place et l'avenir du travail dans notre société ont récemment fait − et font toujours − l'objet de débats particulièrement intenses, la destruction de l'emploi salarié et du travail humain par le système capitaliste et le déferlement technologique semble toutefois être un impensé du mouvement social comme de la classe politique dans son ensemble. Pourquoi ? Explications avec le socio-anthropologue et ancien trader Paul Jorion.

«Les deux cultures», ou la défaite des humanités
par Pièces et Main d'Œuvre (PMO)

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Puisque le vivant est désormais computable, pourquoi la culture ne le serait-elle pas ? Bienvenue dans l'ère des humanités numériques, un mouvement qui a pris son essor dans les années 2000 au sein des sciences humaines et sociales, des arts et des lettres, pour les rendre, eux aussi, connectés, numérisés, big datés. Reductio ad numero universelle, dont l’objectif est d’annihiler toute humanité dans la compréhension et le récit du monde.

L’empire idéologique des chiffres
par Simon Charbonneau

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La magie des chiffres a envahi les méthodes de gouvernement partout dans le monde. De là, le règne des « vérités » statistiques, des sondages d'opinion, des taux de croissance, etc. Ces chiffres acquièrent même une valeur normative, dictant tant les politiques publiques qu'économiques. Tout cela ne peut qu'annoncer un ordre totalitaire mondial, contraire à tous les divers héritages culturels de l'humanité.

Tchernobyl, Fukushima : les aménageurs de la vie mutilée
par Collectif

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Proclamant qu’il faut « gérer » sa peur à la suite de catastrophes comme celles de Tchernobyl et de Fukushima, les aménageurs de la vie mutilée, relayés par des représentants d'instances étatiques ou associatives, prétendent réduire à néant toute possibilité de mise en cause de la déraison nucléaire, enjoignant à chacun d’en tirer au contraire parti, plutôt que de se hasarder à en rechercher les responsables et à rendre inhabitées des terres inhabitables.

L’écologie est-elle une science sociale ?
par Frédéric Denhez

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L’écologie a oublié ce qu’elle est : une science non pas naturaliste, mais sociale. Elle est une sociologie, voire la sociologie du monde. La sociologie humaine n’en serait qu’un département. L’écologie est également un socialisme, car elle défend l’intérêt général, celui des hommes et de la planète, à partir de règles concertées.

Sebastian Vincent Grevsmühl : «Il est urgent de repenser nos imaginaires»
par Floriane Leclerc / Sciences Critiques

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Dans son essai La Terre vue d'en haut. L'invention de l'environnement global, l'historien des sciences Sebastian Vincent Grevsmühl montre comment s'est forgé le regard englobant de l'homme sur la Terre. Ambivalente, cette vision donne à voir un monde clos et fini, potentiellement maîtrisable, mais aussi un espace fragile, aux ressources limitées. A l'heure du réchauffement climatique, l'auteur questionne, à travers notre représentation du monde, les valeurs que nous attachons à notre environnement.

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