Doit-on opposer la foi et les sciences ? Il semble à première vue que la recherche scientifique des lois de la Nature s’oppose à la lecture théologique du monde. Certains chercheurs parviennent pourtant, et depuis des siècles, à concilier les deux.
Des tribunes libres pour en savoir plus, et mieux, sur les sciences dans des « critiques en dialogue ».
Doit-on opposer la foi et les sciences ? Il semble à première vue que la recherche scientifique des lois de la Nature s’oppose à la lecture théologique du monde. Certains chercheurs parviennent pourtant, et depuis des siècles, à concilier les deux.
L’inclusion de l’enfant dans le monde des adultes semble aller de soi : le tout-petit grandit, imite les adultes qui prennent soin de lui, et finit par s’intégrer au monde tel qu’il évolue. Mais comment développer chez l’enfant un esprit critique face à la technologisation outrancière de la vie ?
Série « Stand Up for what ? » (1/3) − Des décennies d’analyse socio-politique des pratiques et des institutions scientifiques doivent-elles être oubliées sous prétexte qu’un autocrate a pris le pouvoir aux États-Unis ? Mieux vaudrait s’efforcer de clarifier les choses sans agiter des fétiches de sens commun comme « La science », « La vérité » ou « Le rempart contre l’obscurantisme ». La période que nous traversons mérite mieux que l’avalanche de qualificatifs imposants qui circulent actuellement dans le débat public. D’où l’importance de mener une critique politique ainsi qu’une autocritique académique des conditions structurelles qui ont conduit tant de pays au renouveau fasciste qui emporte aujourd’hui des pans entiers des sciences.
Est-il possible de prévoir l’avenir dans le contexte du système technicien ? Si oui, dans quelle mesure cela peut-il s’envisager ? Et si non, quelles sont les conséquences ainsi que les leçons éthiques et politiques de cette analyse ? On ne devrait pas sous-estimer l’importance et la portée de ces quelques questions, pour notre destin partagé.
Le succès phénoménal de l’expression « intelligence artificielle » ne peut se comprendre que si l’on réalise comment, de façon tout aussi phénoménale, se répand la « connerie naturelle », qui, telle une pandémie mortelle, affecte l’ensemble de la planète jusqu’à installer à la Maison Blanche le plus sinistre des crétins.
La thèse dominante qui explique la révolution industrielle par le « désenchantement » du monde est fort discutable. L’Occident croit s’être débarrassé du religieux. Or, la religion n’a pas disparu. Elle s’est métamorphosée en une religion séculière, rationnelle et « industrielle ». Et pourtant, si on porte un regard anthropologique sur l’Occident lui-même, on constate qu’il tient, comme toute société, sur un système de croyances alliant rationalités et mystères.
[Retour à la Une*] Inutile d’avoir des larmes de crocodile sur les méfaits des gaz à effet de serre lorsque, dans la rue, dans les hôpitaux, dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et les lieux de travail, nous laissons nos concitoyens « crever » de solitude et de misère pour limiter les « déficits » des services publics ou accroitre la performance de leurs employés. Comment l’humain pourrait-il mieux prendre soin de la planète qu’il ne se traite lui-même ? Toute révolution écologique qui ferait l’impasse sur cette interrogation conduirait à un échec. C’est une évidence.
[Retour à la Une*] L’œuvre du philosophe Jean Brun (1919-1994) nous propose une analyse pénétrante des racines existentielles du technicisme et du transhumanisme contemporains. Comme de nombreux philosophes modernes de la technique, il constate l’ambivalence de la civilisation technicienne, qu’il aborde de manière originale en accordant une grande importance au rapport étroit qui, selon lui, associe la technique à la déraison. Pour Brun, c’est par essence, et non par accident, que notre rapport à la technique recèle un risque de déshumanisation. C’est pourquoi, il nous invite à accomplir un incessant travail critique de démythologisation et de démystification de la technique.
[Retour à la Une*] Où va la science ? Dévoiler le monde naturel ou créer un nouveau monde ? La science nous promet un envol radieux, délivré des pesanteurs de notre condition mortelle et terrestre. Mais le futur pourrait être tout autre. Le cheval emballé de la technoscience pourrait rencontrer plus tôt que prévu le mur de la réalité. Ses prétentions infinies pourraient se fracasser sur les limites d’un monde fini. Limites écologiques, limites économiques, limites politiques et sociales. Le désordre mondial qui vient fera rendre gorge aux utopies technoprogressistes, dont le transhumanisme est le dernier avatar. On peut le regretter… ou éprouver un secret soulagement. Après tout, le rêve technoscientifique n’était-il pas en train de virer au cauchemar ?
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[Retour à la Une*] La crise du Covid-19 se situe à la croisée des chemins. Soit elle sera l’occasion d’approfondir les interrogations et les critiques du Produit Intérieur Brut (PIB) pour inventer un autre monde moins destructeur, soit – selon la classique « stratégie du choc » définie par Naomi Klein – elle ouvrira de nouvelles opportunités à l’obsession du PIB de se déployer en aggravant toujours les crises sociales, environnementales et sanitaires qui nous accablent.
[Retour à la Une*] Le succès du mot « sérendipité » est un symptôme du malaise que ressentent les chercheurs face aux transformations contemporaines des conditions de la recherche. L’usage actuel du terme, mettant l’accent sur le hasard ou la chance, empêche de saisir les enjeux épistémologiques et politiques dont il est porteur. Aujourd’hui, ce mot prend la valeur d’un concept, essentiel pour dire l’importance de la liberté, de la subjectivité et du dialogue dans la découverte, et pour défendre une conception humaniste du savoir.
[Retour à la Une*] La rationalité politique n’est plus compréhensible par les citoyens puisqu’elle est dominée par une autre rationalité, cachée, celle d’un système économique dominé par des réalités technologiques. Or, de nos jours, cette rationalité technologique, qui a envahi le champ du politique, rend encore plus illusoire une émancipation politique, culturelle et sociale, sans repolitisation du corps social.
[Retour à la Une*] La société peut-elle supporter plus longtemps un tel rythme de l’innovation scientifique et technique ? A quel niveau faut-il plafonner les investissements pour que les conséquences écologiques, sociales et culturelles de l’innovation soient assimilables par la société ? Ces questions concernent tous les citoyens. Mais réduire le financement de la recherche, c’est menacer la principale église de notre temps. Réflexions sur la « crise » française.
[Retour à la Une*] Bon nombre d’économistes, mais aussi les hommes d’affaires, les financiers, beaucoup d’élus politiques, une poignée de journalistes complices et influents sont passés de la déraison à la croyance en célébrant quotidiennement le culte de la croissance et, ce faisant, ils produisent un discours qui ne peut plus être scientifique car il s’apparente désormais à la conviction religieuse.
[Retour à la Une*] Il est temps d’abandonner la voie de la recherche scientifique, non pas pour « oublier » les découvertes des savants et les nier, encore moins pour retomber dans des mensonges religieux ou mystiques, mais parce que la dose de science injectée à cette planète est plus que suffisante.
[Retour à la Une*] La science remplit dans notre société technicienne le rôle que la religion jouait jadis dans les sociétés du passé. C’est donc la posture de liberté d’esprit qui doit être aujourd’hui à l’origine de sa remise en question comme religion séculière.
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