« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Pourquoi (et comment) critiquer la technologie aujourd’hui ?

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CIENCES CRITIQUES a le grand plaisir de vous inviter à deux conférences-débats intitulées : Pourquoi (et comment) critiquer la technologie à l'heure de la crise sociale et écologique ? Pour l'émergence d'une communauté technocritique !, le mercredi 29 mai prochain, à Paris, de 15h à 22h30.
(Vous trouverez le texte de présentation de l'événement ci-dessous)

> Seront présents avec nous : Paul Jorion, Serge Latouche (sous réserve), Jean-Baptiste Fressoz, Alain Gras, François Jarrige, Fabrice Flipo, Célia Izoard, Cédric Biagini et Joël Decarsin.

Avec eux – et avec vous –, nous aborderons, entre autres sujets, l'histoire du mouvement technocritique en Europe, les imaginaires du progrès technique, l'apparition de l'Anthropocène comme conséquence de la « démesure technicienne », les effets et les méfaits du techno-capitalisme et enfin la nécessité de faire émerger une communauté technocritique aujourd'hui, à travers notamment le projet politique alternatif de la décroissance, l'action directe contre les machines ou encore le retour à une véritable culture humaniste.

> Le programme :
Première table-ronde (de 15h à 18h)
- L'Anthropocène, ou les dégâts du Progrès
- Une (brève) histoire de la technocritique
- Les imaginaires de l'innovation technique
- Les effets et les méfaits du techno-capitalisme

*** Collation offerte ***

Seconde table-ronde (de 19h30 à 22h30)
- Pour une communauté technocritique
- La décroissance pour sortir de la « Mégamachine »
- La révolte contre les machines aujourd'hui
- La culture face à la tyrannie technologique

Tout au long de cette demi-journée, une dizaine d'associations seront présentes avec nous dans un « Espace Associations ». La diffusion et la vente de livres et de magazines sur place sont également prévues.

 

> En attendant les deux conférences-débats, lisez – ou relisez – dix de nos articles sur la critique de la technologie :
- « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie ». Un « Grand Entretien » avec Paul Jorion.
- « Il faut décoloniser les sciences ». Un « Grand Entretien » avec Serge Latouche.
- Qu'est-ce que le progrès technique ?. Une tribune libre d'Alain Gras.
- Aujourd'hui, il est trop tard. Une tribune libre de Joël Decarsin.
- Impasse de la technoscience. Une tribune libre de Joël Decarsin.
- L'université sous hypnose numérique. Une tribune libre de François Jarrige et Thomas Bouchet.
- La technologie est une politique. Une tribune libre de Philippe Godard.
- Religiosité de la technoscience. Une tribune libre de Simon Charbonneau.
- « Les deux cultures », ou la défaite des humanités. Un texte du collectif Pièces et Main-d'Oeuvre (PMO).
- La technologisation de la vie : du mythe à la réalité. Un article d'Anthony Laurent.

> Lieu :
100 Établissement Culturel Solidaire (100-ECS)
100 rue de Charenton – 75012 PARIS
Accès : Gare-de-Lyon (métro 1 et RER A), Reuilly-Diderot (métros 1 et 8) et Ledru-Rollin (métro 8)

Entrée libre et gratuite (dans la limite des places disponibles). Accueil : à partir de 14h30. Début des interventions : à 15h.

Nous vous y attendons nombreuses et nombreux !

 

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Pourquoi (et comment) critiquer la technologie à l'heure de
la crise sociale et écologique ?
Pour l'émergence d'une
communauté technocritique !

 

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E TELEPHONE PORTABLE, l'ordinateur, les objets connectés, la centrale nucléaire, les OGM, la voiture électrique, le GPS, le drone, les puces RFID, mais aussi l’État, la guerre, l'économie, la bureaucratie, l'agriculture intensive, le « management moderne », le trading haute-fréquence, la publicité, la télésurveillance, le transhumanisme, l'intelligence artificielle, etc.

Désignant tout à la fois des savoir-faire, des outils et des machines conçus par l'homme, mais aussi des produits manufacturés, des procédés industriels ainsi que des méthodes d'organisation, « la technique » peut être définie globalement comme « la préoccupation de l'immense majorité des hommes de rechercher, en toutes choses, la méthode absolument la plus efficace. » (Jacques Ellul)

Érigeant cette efficacité en valeur suprême de son époque – au détriment des valeurs traditionnelles (comme l'harmonie, la convivialité, la solidarité, la justice, etc.) –, l'homme occidental du XXIème siècle voit dans la technique la possibilité de satisfaire matériellement ses besoins de confort, de sécurité et de liberté.

Plus fondamentalement, la technique imaginée et façonnée par « l'homme moderne » (ou « technology » en anglais) permet à ce dernier d'assouvir son désir de toute-puissance – sur ses semblables comme sur la nature –, à tel point qu'elle fait l'objet, de nos jours, d'une véritable sacralisation.

Considérée comme salvatrice et libératrice, cette technique – loin d'être neutre – s'est progressivement, et de plus en plus rapidement, développée et massifiée depuis la « Révolution » scientifique et industrielle survenue en Europe au XVIIIème siècle pour se transformer aujourd'hui en un système.

> En d'autres termes, le système technicien constitue notre nouvel environnement, imposant ses lois aux sociétés humaines – d'abord, et avant tout, dans les pays industrialisés du Nord – comme aux milieux naturels. En un mot comme en cent, l'homme, par la technique, se pense et se vit « comme maître et possesseur de la nature. » (René Descartes)

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Synonyme dans le langage courant de système informatique ou d'innovation numérique, « la technologie », quant à elle, a envahi et bouleversé, depuis plusieurs décennies maintenant, nos vies personnelles et collectives.

Davantage que les produits high-tech de consommation de masse, la technologie est aussi, et surtout, un discours sur la technique. Or, c'est ce discours – largement mystificateur – qui promeut et soutient, inconsidérément et sans discernement, toutes les avancées technoscientifiques, même les plus mortifères.

Devenu idéologique – et disqualifiant par là même toute pensée critique –, ce discours conditionne la mentalité de nos contemporains à la « Religion du Progrès ».

Il justifie aujourd'hui le productivisme à tout crin et la croissance à tout prix, et par conséquent leurs dégâts collatéraux : la destruction du vivant, la dégradation de nos conditions de vie, l'aggravation des inégalités sociales, la précarisation du travail, la négation de nos libertés fondamentales, la standardisation des modes de vie, l'uniformisation des façons de penser, la fragilisation de nos sociétés, la liquidation du politique et in fine le désenchantement du monde.

> A l'heure d'une crise sociale et politique majeure et d'un effondrement écologique sans précédent – faisant entrer l'humanité dans une nouvelle ère géologique (l'Anthropocène) –, il devient urgent, voire impératif, de résister au déferlement technologique et de faire émerger une communauté technocritique !

Et si on arrêtait le Progrès ?

 

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