Doit-on opposer la foi et les sciences ? Il semble à première vue que la recherche scientifique des lois de la Nature s’oppose à la lecture théologique du monde. Certains chercheurs parviennent pourtant, et depuis des siècles, à concilier les deux.
Des tribunes libres pour en savoir plus, et mieux, sur les sciences dans des « critiques en dialogue ».
Doit-on opposer la foi et les sciences ? Il semble à première vue que la recherche scientifique des lois de la Nature s’oppose à la lecture théologique du monde. Certains chercheurs parviennent pourtant, et depuis des siècles, à concilier les deux.
L’inclusion de l’enfant dans le monde des adultes semble aller de soi : le tout-petit grandit, imite les adultes qui prennent soin de lui, et finit par s’intégrer au monde tel qu’il évolue. Mais comment développer chez l’enfant un esprit critique face à la technologisation outrancière de la vie ?
Série « Stand Up for what ? » (1/3) − Des décennies d’analyse socio-politique des pratiques et des institutions scientifiques doivent-elles être oubliées sous prétexte qu’un autocrate a pris le pouvoir aux États-Unis ? Mieux vaudrait s’efforcer de clarifier les choses sans agiter des fétiches de sens commun comme « La science », « La vérité » ou « Le rempart contre l’obscurantisme ». La période que nous traversons mérite mieux que l’avalanche de qualificatifs imposants qui circulent actuellement dans le débat public. D’où l’importance de mener une critique politique ainsi qu’une autocritique académique des conditions structurelles qui ont conduit tant de pays au renouveau fasciste qui emporte aujourd’hui des pans entiers des sciences.
Est-il possible de prévoir l’avenir dans le contexte du système technicien ? Si oui, dans quelle mesure cela peut-il s’envisager ? Et si non, quelles sont les conséquences ainsi que les leçons éthiques et politiques de cette analyse ? On ne devrait pas sous-estimer l’importance et la portée de ces quelques questions, pour notre destin partagé.
[Retour à la Une*] « Au début, nous pensions qu’avec des connaissances scientifiques, en les mettant à la disposition de suffisamment de monde, on arriverait à mieux appréhender une solution des problèmes qui se posent. Nous sommes revenus de cette illusion. Nous pensons maintenant que la solution ne proviendra pas d’un supplément de connaissances scientifiques, d’un supplément de techniques, mais qu’elle proviendra d’un changement de civilisation. » Mort en novembre 2014, Alexandre Grothendieck était considéré, par nombre de ses pairs, comme le plus grand mathématicien du XXème siècle.
[Retour à la Une*] Avec la bombe atomique, la civilisation mécanique est parvenue à son dernier degré de sauvagerie. Dans un avenir plus ou moins proche, il va falloir choisir entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.
[Retour à la Une*] La situation créée par les sciences est d’une grande importance politique. La seule question est de savoir si nous souhaitons employer nos nouvelles connaissances scientifiques et techniques pour détruire toute vie organique sur Terre. C’est une question politique primordiale que l’on ne peut guère, par conséquent, abandonner aux professionnels de la science, ni à ceux de la politique.
[Retour à la Une*] Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L’écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.
[Retour à la Une*] En démystifiant l’activité scientifique, le « critique de science » permet aux citoyens de développer l’audace nécessaire pour pouvoir porter des jugements sur les institutions et leurs productions. Par là, il œuvre à la nécessaire mise en démocratie de la technoscience.
S’il est tout à fait nécessaire et utile de se réapproprier nombre de connaissances scientifiques et médicales, on ne peut le faire, de manière émancipatrice, que dans la perspective d’une critique radicale de la société capitaliste et industrielle. Plutôt que de continuer la recherche scientifique vers la quête de toujours plus de maîtrise et de puissance pour l’État et le Marché, il nous faut développer des recherches et acquérir des connaissances qui peuvent aider chacun à assurer mieux et plus facilement sa subsistance en se fondant sur les ressources locales.
De bonnes questions dans les sciences, il y en aura toujours, incontestablement. Mais, de plus en plus, celles-ci deviennent marginales car elles sont le fait d’indisciplinés minoritaires. C’est le système, au service du pouvoir qui produit la science de nos jours, qui les rend marginales, sans grand intérêt, caduques même. La science discipline ses « enfants », ce qui ne les aide pas à se réinventer. Or, ce sont souvent les indisciplinés qui posent les bonnes questions et qui, chemin faisant, révolutionnent leurs domaines respectifs.
C’est désormais prouvé, les scientifiques détenteurs d’un savoir ne sont pas compétents pour décider des politiques publiques en situation de crise. Mais les politiques détenteurs du pouvoir ne le sont pas davantage. Seuls les citoyens peuvent devenir compétents et légitimes puisqu’il s’agit de leur vie, mais à condition qu’ils s’arment de tous les acquis des premiers. L’objectif des mesures que nous proposons est de restaurer la confiance indispensable entre la population, les sachants et les gouvernants en instaurant une véritable démocratie sanitaire.
Quels enseignements tirer de l’invasion du Capitole par les partisans de Donald Trump d’un point de vue technocritique ? Cet événement n’est jamais qu’un avertissement de plus, après bien d’autres. Combien en faudra-t-il encore pour éviter que la vague complotiste ne prenne les dimensions d’un tsunami ? Tant que l’humanité tout entière continue de sacraliser la technique à son insu, elle s’oriente non seulement vers une catastrophe écologique mais aussi vers ce que le sociologue Gérald Bronner appelle « l’apocalypse cognitive ».
Le Covid-19 a le mérite de nous obliger à reconsidérer les disparités d’accès aux médicaments en fonction des revenus des patients et de la partie du monde où ils se trouvent. Cette prise de conscience est à saisir pour repenser ce qui nous est commun : le droit universel aux soins de santé. Les biens et services de santé doivent être placés hors des lois du marché, hors des logiques capitalistes. Pour ce faire, doivent se mettre en place de nouveaux modèles de recherche et développement, de production et de distribution, sous le contrôle des travailleurs et de la société. C’est remettre la santé au cœur de nos politiques publiques.
(suite…)C’est la mondialisation qui fait de l’épidémie de Covid-19, originaire de Chine, une pandémie mondiale. Mais replaçons cette crise, cet effondrement sanitaire, dans le contexte de notre société, celui de l’Anthropocène. Car, au classement des menaces avérées pour le système-Terre, la première porte un nom : Homo Sapiens. Si l’homme persiste dans la mondialisation et dans l’asservissement de la nature, il n’est pas impossible que, d’une façon ou d’une autre, celle-ci contre-attaque.
Ce que dévoile le Covid-19 ne se situe pas tant au niveau de la santé publique que de la politique. Cette crise est, sans aucun doute, au départ sanitaire, et elle est devenue, quelques semaines plus tard, une profonde crise du pouvoir. Via la crise actuelle, le pouvoir cherche, encore et toujours, à nous réduire à n’être que les simples rouages de la machinerie économico-financière. L’issue n’est pas difficile à deviner : oppression ou explosion. Ceux qui nous dirigent n’en savent pas plus que nous car la situation qu’ils ont créée est irrationnelle. (suite…)
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