Tandis que la prescription de psychotropes ne cesse d’augmenter, les principes de la « psychiatrie biologique », sur lesquels repose le bien-fondé de leurs usages, sont radicalement remis en question. Les données scientifiques peinent à démontrer l’efficacité de cette doctrine qui définit la pathologie mentale comme étant une maladie du cerveau.
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A PSYCHIATRIE biologique (ou « psychiatrie de précision ») cherche à identifier des mécanismes au sein de notre organisme afin de définir des causes physiologiques à l’origine des troubles mentaux. Elle s’appuie sur des « biomarqueurs », soit des indicateurs de l’activité cellulaire ou moléculaire, pour établir des diagnostics. Une telle psychiatrie envisage ainsi le traitement des troubles mentaux de la même façon qu’il est possible de guérir d’une infection grâce à des antibiotiques, en localisant et en analysant une zone dégradée et dysfonctionnelle de notre cerveau.
Mais voilà, après plusieurs décennies de recherche, cette psychiatrie de précision n’a toujours pas apporté de preuves suffisamment tangibles. Après 20 milliards de dollars d’investissements, Thomas Insel, neuroscientifique et psychiatre, ayant dirigé de 2002 à 2015 le plus grand laboratoire de recherche en santé mentale, le National Institute of Mental Health, fait savoir en 2022 que, « pour l’essentiel, les recherches en neurosciences n’ont pas encore bénéficié aux patients. »
Un constat amer exprimé par d’autres pontes du domaine. Caleb Gardner et Arthur Kleiman, deux éminents psychiatres de l’université de Harvard, publient en 2019 dans le New England Journal of Medecine : « Les diagnostics et les psychotropes prolifèrent sous la bannière scientifique bien qu’il n’existe aucune compréhension biologique approfondie des causes des troubles psychiatriques ou de leur traitement. […] Cet état de fait influence non seulement la formation des soignants et le remboursement des soins, mais il nuit gravement aux patients et aux praticiens. » Ces conclusions viennent ponctuer une longue période à l’issue de laquelle de nombreux laboratoires (Novartis, Lilly, Sanofi…) ont fermé leurs services de recherche dans ce domaine.
CORRÉLATION NE SIGNIFIE PAS CAUSALITÉ
Les outils et les méthodes employés en psychiatrie biologique sont nombreux. L’analyse du taux de molécules dans le sang, la neurogénétique, l’observation des tailles d’aires cérébrales ou encore l’activité neuronale. La grande majorité des études de l’activité cérébrale se fait à l’aide de l’imagerie à résonance magnétique (IRM). Il en existe deux types : l’IRM fonctionnelle et l’IRM structurelle.
L’IRM fonctionnelle mesure l’augmentation du débit sanguin apportant l’oxygène au cerveau et l’activité des réseaux de neurones voisins de ces vaisseaux sanguins. Si une partie d’une zone cérébrale visible à l’IRM vient à manquer d’oxygène, on en déduit un déséquilibre dans l’activité de cette partie. Puis, on compare ce déséquilibre cérébral à celui d’un cerveau « normal », ou, dit autrement, avec des taux « normalisés ». Mais cela suffit-il pour prouver la cause du trouble ? Xavier Briffault, chercheur en sciences sociales et en épistémologie au CNRS, commente les biais d’une telle méthode : « Ces mesures ne permettent pas d’établir de façon probante l’enchaînement qui irait des marqueurs biologiques à la manifestation d’une maladie psychiatrique. Autrement dit, c’est une corrélation physiologique et non l’identification d’une cause. »
Malgré ce biais, la psychiatrie biologique continue d’utiliser les neurosciences pour identifier les « molécules cibles » et tenter de prouver le bien-fondé des médicaments qui régulent la chimie du cerveau. La sérotonine pour la dépression, la dopamine pour le TDAH, ou bien plus récemment les dendrites, des fibres nerveuses qui sont le prolongement des neurones, comme cibles pour traiter la bipolarité. Si la concentration en sérotonine, par exemple, est trop faible dans certaines régions du cerveau, celles-ci se retrouvent désinhibées, ce qui peut se traduire par des comportements impulsifs et/ou agressifs. Voilà pourquoi certains antidépresseurs utilisent cette propriété, ralentissant la capture de la sérotonine afin qu’elle reste disponible. « Mais l’efficacité expérimentalement démontrée de ces molécules sur les pathologies visées est faible, ce qui tend à démontrer que le rôle causal des neuromédiateurs ciblés dans ces pathologies n’est pas majeur », précise Xavier Briffault.
« À l’heure actuelle, il n’existe aucune preuve scientifique définitive produite avec des IRM pour définir les causes d’un trouble mental. »
Dans un autre cadre de recherche, l’IRM structurelle, quant à elle, est utilisée pour observer l’anatomie de notre cerveau. De nombreuses études ont, par exemple, utilisé cet outil dans le but de localiser les causes de l’autisme et des troubles de l’anxiété. L’objectif était de comparer la taille de certaines aires cérébrales, comme l’amygdale, entre un groupe de malades et un groupe de bien-portants.
Cette méthode est aujourd’hui vivement critiquée, car elle exclut une règle biologique essentielle. Florian Naudet, professeur de thérapeutique à l’université et au CHU de Rennes, en explique les enjeux : « Ces différences de volume sont intéressantes pour la recherche mais, à ce jour, restent insuffisantes pour un diagnostic individuel fiable, car il faudrait des différences systématiques plutôt que simplement moyennes pour que le test soit suffisamment discriminant. » Il est donc impossible de se reposer sur ce jeu de différences pour localiser une cause physiologique et, cela, en raison de la « variabilité interindividuelle » définissant la variété anatomique des individus. « À ce jour, de tels tests diagnostics produiraient des taux de “faux positifs” et de “faux négatifs” inacceptables en pratique clinique », conclut le chercheur.
Concernant l’usage générale des IRM, le psychiatre Mathieu Bellahsen, auteur de Abolir la contention, nous rappelle une critique qui fait désormais consensus dans le milieu de la recherche : « Ces méthodes observent, avec des biais, un cerveau “statistique” où l’activité cérébrale est mesurée alors que le patient n’est pas du tout dans une situation d’interactions dans son environnement. À l’heure actuelle, il n’existe aucune preuve scientifique définitive produite avec des IRM pour définir les causes d’un trouble mental. Ce type d’observations ne permet en aucun cas, par exemple, la prescription d’un médicament. »
L’IMMUNO-PSYCHIATRIE,
NOUVEAU CHEVAL DE BATAILLE
D’autres branches développées par la psychiatrie dite « de précision » sont présentées comme très prometteuses mais, elles aussi, sont dépourvues de fondements scientifiques. L’une d’entre elles, l’immuno-psychiatrie, est devenue l’un de ses nouveaux chevaux de bataille. Marianne Foiselle, psychologue clinicienne spécialisée dans les neurosciences, nous en précise l’hypothèse : « L’idée est d’établir un lien de causalité entre les troubles psychiatriques et des troubles immunitaires. L’une des méthodes consiste à mesurer le taux d’une protéine (la CRP) dont la concentration augmente lors d’une inflammation du système immunitaire. »
Les liens entre inflammation et symptômes psychiatriques sont censés éclairer sur les origines des troubles et sur des traitements possibles. « Mais là encore, nous n’avons pas assez de preuves scientifiques, souligne la chercheuse. Il existe effectivement des associations entre perturbations immunitaires et symptômes psychiatriques, mais les résultats sont aujourd’hui insuffisants. Certains articles se contentent de corrélations ou de différences de moyennes… De plus, ça ne concernerait qu’une proportion restreinte des patients ».

Malgré le manque de preuves et les bais, l’habitude de faire correspondre le bon diagnostic au bon médicament par ces méthodes continue de prospérer. À l’arrivée, les prescriptions peuvent devenir hors de contrôle, comme le rappelle Xavier Briffault : « Aujourd’hui, la grande majorité des psychotropes sont prescrits par des médecins généralistes ! » Concernant l’efficacité de ces médicaments, elle est généralement mesurée avec les mêmes outils que ceux évaluant les symptômes.
La première étape pour déceler les troubles mentaux consiste à utiliser un questionnaire constitué de critères physiques et émotionnels, restituant l’état du patient. L’échelle d’Hamilton est, par exemple, utilisée pour rendre compte des symptômes de la dépression. Divisée en 17 questions adressées au patient, l’intensité des symptômes est ainsi évaluée sur 52 points en tout. Xavier Briffault revient sur les résultats observés : « Pour la dépression, les résultats présentés suite à la prescription des médicaments ont rarement dépassé une taille d’effet de 2 ou 3 points Hamilton. Ce qui est extrêmement faible sur l’ensemble de l’échelle. On observe globalement les mêmes résultats pour tous les troubles et toutes les molécules sur les échelles correspondantes, selon les méta-analyses récentes. »
UNE COMPLEXITÉ MISE SOUS LE TAPIS
Seulement voilà, dans le cadre de la santé mentale, la guérison ne consiste pas en une faible atténuation. Florian Naudet souligne toute la complexité de cette notion en psychiatrie : « On peut se passer parfois de la preuve scientifique, quand l’efficacité est réellement évidente. Pour certaines chirurgies, si vous avez une fracture ouverte, pas besoin d’un essai randomisé pour dire que le chirurgien peut la rabouter, la refermer et que cela ne se serait pas passé sans lui… En santé mentale, on n’a pas vraiment de traitements dont l’efficacité est si évidente et importante. »
Cette complexité est cependant fréquemment mise de côté lorsqu’il s’agit de vanter l’efficacité de certains médicaments. Une grave confusion peut alors facilement se répandre, selon Mathieu Bellahsen : « Tout comme le Doliprane n’est pas un médicament mais un anti-douleur, à savoir il “suspend” la douleur mais n’agit pas sur la cause à proprement parler, ces médicaments ne sont pas curatifs mais suspensifs. Il est donc totalement fallacieux de les faire passer pour tels ». Cette confusion accentue ainsi la primauté du médicament alors qu’il n’a qu’un rôle secondaire, bien qu’il soit parfois indispensable, comme le souligne le psychiatre : « Lorsqu’un patient qui présente des tendances suicidaires vient me voir et qu’il prend des antidépresseurs, il est évident que cela peut l’aider pour ne pas passer à l’acte. Mais le médicament vient seulement en complément de la thérapie. Les traitements médicamenteux ne doivent pas prendre le dessus, au détriment de la psychothérapie et de tous les services de la psychiatrie institutionnelle. »
Dans un contexte où les services de la santé publique sont mis à mal, c’est tout le maillage de la psychiatrie institutionnelle qui est menacé.
Dans un contexte où les services de la santé publique sont mis à mal, c’est tout le maillage de la psychiatrie institutionnelle, dont les nombreux acteurs correspondent à la pluralité des facteurs favorisant les troubles mentaux (facteurs familiaux, socioprofessionnels, autres maladies…), qui est également menacée. Avec, tout d’abord, le psychiatre au centre des soins, le psychologue pour un suivi régulier, ainsi qu’une équipe infirmière et éducative, éventuellement une assistante sociale, voire un juriste. En plus des hôpitaux, les centres médico-psycho-pédagogiques et l’ensemble du dispositif du secteur psychiatrique sont là pour appuyer un travail essentiellement collectif.
À l’heure où l’accès au médicament est rendu plus facile que l’accès au soin, les promesses de la psychiatrie biologique accélèrent le démantèlement des soins dits de « première intention » au profit des soins de « deuxième intention », soit les traitements médicamenteux.
Selon un rapport publié en mars 2023 par le Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge, rien qu’entre 2014 et 2021, les enfants et les adolescents ont vu leur consommation croître de 62,58 % pour les antidépresseurs, 78,07 % pour les psychostimulants, 155,48 % pour les hypnotiques et sédatifs, et 48,54 % pour les antipsychotiques. Une augmentation faramineuse tandis que les études sur les effets indésirables s’accumulent, aussi bien pour les jeunes que les adultes : problèmes d’accoutumance, obésité, troubles cognitifs, dysfonctionnements sexuels et gestationnels, troubles cardiovasculaires, tendances suicidaires…
UN ÉQUILIBRE MENACÉ
ENTRE PSYCHOTHÉRAPIE ET PHARMACOTHÉRAPIE
L’équilibre entre psychothérapie et pharmacothérapie est ainsi plus que jamais au centre des préoccupations psychiatriques. Un équilibre qui ne doit pas être menacé par les promesses des biomarqueurs, nous rappelle Florian Naudet : « Je pense que la psychothérapie peut tout aussi bien s’évaluer que les médicaments. Si les médicaments ont une taille d’effet faible, les psychothérapies aussi. Que ce soit avec une approche ou l’autre, une bonne partie de la réponse observée, la fameuse différence avant/après, vient d’effets non spécifiques, contextuels, propres aux patients et aux thérapeutes, et mal compris. Pour cela faut-il se priver des effets faibles de nos interventions ? Je ne pense pas. Pour autant, il ne faut pas faire preuve d’hubris et aussi bien informer les personnes de la taille de l’effet attendu. »
Un des plus importants rapports de recherche jamais effectué dans le domaine de la psychiatrie, « Efficacité des psychothérapies et des pharmacothérapies pour les troubles mentaux chez l’adulte » et publié en 2022 dans World Psychiatry, synthétise les résultats de 102 méta-analyses parues entre 2014 et 2021. Elles regroupent 3 782 essais contrôlés randomisés et 650 514 patients. Le papier effectue des comparaisons : psychothérapies contre pharmacothérapies, et psychothérapies ou pharmacothérapies contre placebo ou soins habituels.
Les psychothérapies et les pharmacothérapies n’apportent qu’un bénéfice limité par rapport au placebo ou aux soins habituels.
Portant sur l’ensemble des troubles mentaux répertoriés, les conclusions sont pour le moins surprenantes : « Après plus d’un demi-siècle de recherche, des milliers d’essais contrôlés randomisés et des millions d’euros investis, l’ampleur des effets des psychothérapies et des pharmacothérapies pour les troubles mentaux reste limitée. Une réévaluation systématique des données […] a permis de dégager un constat général : les psychothérapies et les pharmacothérapies n’apportent qu’un bénéfice limité par rapport au placebo ou aux soins habituels. »
C’est aujourd’hui un véritable défi auquel le champ psychiatrique doit répondre : que signifie guérir ? Une question complexe à laquelle il faudrait sans doute apporter une forme de bon sens et de simplicité : « Faire que la vie vaut le coup d’être vécue, nous confie Mathieu Bellahsen. Il ne faut pas oublier qu’on parle de vécu et que les troubles de la santé mentale sont également des troubles du lien social. »
Kyrill Nikitine, journaliste / Sciences Critiques.
> Illustration de Une : Philippe Pinel à la Salpêtrière, délivrant les aliénées (Tony Robert-Fleury / RMN-Grand Palais – Wikicommons)
5 réponses
La revue Prescrire a publié une présentation sourcée qui illustre les risques de la psychiatrie biologique (Février 2026- Tome 46 N° 508)
Politique de santé mentale : l’offensive de la neurobiologie Le lobbying des firmes pharmaceutiques auprès des responsables politiques est bien connu et établi . Ces mêmes politiques sont aussi la cible d’autres acteurs de la santé . Dans le domaine de la santé mentale, l’exemple de la fondation FondaMental a été méticuleusement analysé (1) . Une approche biologique de la santé mentale . La fondation FondaMental coordonne une cinquantaine de centres français dits experts en psychiatrie qui proposent des diagnostics et participent à des études dans certains troubles psychiques chez les adultes : dépressions résistantes, troubles bipolaires, schizophrénies et troubles du spectre de l’autisme (1) . Elle est financée par un ensemble d’institutions publiques et d’entreprises privées, dont des firmes pharmaceutiques et des groupes détenant des établissements de soins psychiatriques . Elle promeut une conception de la psychiatrie reposant sur une approche biologique et génétique des troubles psychiques (2à4) . Un de ses objectifs est de transformer le processus diagnostique en psychiatrie . Le développement de cette « psychiatrie de précision » serait « réalisable dès maintenant grâce aux progrès des neurosciences et des techniques telles que la neuroimagerie non invasive, le séquençage génétique, et les algorithmes d’apprentissage automatique » (5) . L’action de la fondation FondaMental semble avoir été efficace puisque 80 parlementaires ont déposé deux propositions de loi visant à inscrire ces centres “experts” dans le Code de la santé publique, à les généraliser à la France entière et à les coordonner « médicalement et scientifiquement » par cette fondation (1,6à8) . Mi-décembre 2025, les sénateurs ont finalement inscrit ces centres “experts” parmi les acteurs de troisième recours en psychiatrie, mais le chemin législatif n’est pas terminé . Des promesses trompeuses . Selon l’argumentaire de ces propositions de loi, le développement de tels centres permettrait de réduire de moitié les journées d’hospitalisation en psychiatrie et d’économiser jusqu’à 18 milliards d’euros par an, une somme considérable (7,8) . Ces affirmations reposent sur une étude largement citée par la fondation FondaMental (1,9) . Or des spécialistes de la rédaction scientifique ont montré que cette étude ne repose pas sur une comparaison à un groupe témoin, et comporte de nombreux biais et généralisations abusives : extrapolation des résultats à d’autres maladies non étudiées au départ, informations sur les perdus de vue non disponibles, etc . Un de ces spécialistes alerte sur le fait que : « L’esprit critique de nos décideurs et politiques fait très peur : “non-comparatif”, “spin”, “régression vers la moyenne”, sont des notions inconnues pour eux » (10) . Les annonces de cette fondation ont aussi été relayées dans la presse grand public, le plus souvent sans analyse critique (1) . Pour des décisions politiques basées sur des preuves . Les spécialistes cités plus haut reprochent à cette fondation de communiquer en utilisant des arguments scientifiques fallacieux (1) .
Ce à quoi des représentants de cette fondation ont répondu qu’elle n’est pas responsable de l’utilisation que les décideurs politiques font de sa communication… (6) .
Une chose est sûre, l’impact de résultats chiffrés, ou d’arguments économiques, et leur prise en compte par des décideurs politiques sans regard critique sur la source et la solidité des données et de leur analyse est néfaste pour les patients . ©Prescrire
Sources
1Gonon F et coll . “Advocacy by nonprofit scientific institutions needs to be evidence-based : a case study” SSM – Mental health 7 ; 2025 : 100464 : 10 pages . 2Fondation FondaMental “Rapport annuel 2024” : 56 pages . 3Fondation FondaMental “Projets en cours” et “Rencontre à l’Élysée : la psychiatrie de précision française au plus haut niveau de l’État” . Site www .fondation-fondamental .org consulté les 9 et 30 octobre 2025 : 12 pages . 4Gonon F “Neurosciences, un discours néolibéral” . Champ social, Nîmes, 2024 : 232 pages . 5Leboyer M et Llorca PM “Le programme-projet en psychiatrie de précision (Pepr Propsy), enjeux et défis” médecine/sciences 2025 ; 41 : 411-415 . 6Foucart S “La communication de la Fondation FondaMental épinglée pour embellissement des résultats scientifiques” Le Monde du 3 juin 2025 : 2 pages . 7Assemblée nationale “Proposition de loi n° 2586 visant à prendre des mesures d’urgence pour la santé mentale” 2 mai 2024 : 10 pages . 8Sénat “Proposition de loi n° 385 visant à intégrer les centres experts en santé mentale dans le code de la santé publique” 27 février 2025 : 6 pages . 9Henry C et coll . “Outcomes for bipolar patients assessed in the French expert center network : a 2year followup observational study” Bipolar disorders ; 2017 : 19 : 651-660 . 10Maisonneuve H “L’esprit critique de nos décideurs et politiques fait très peur : “non-comparatif”, “spin”, “régression vers la moyenne” . Site www .redactionmedicale .fr consulté le 20 octobre 2025 : 7 pages .
BONJOUR
Votre article me fais un peu peur comment s’en sortir de ses problèmes mentaux
Qu ‘entendez vous par des données […] a permis de dégager un constat général : les psychothérapies et les pharmacothérapies n’apportent qu’un bénéfice limité par rapport au placebo ou aux soins habituels. »Que sont LES placebo et soins habituels MERCI DE PRECISER CELA
Bien cordialement
Cet article n’a pas d’intérêt pour se sortir de ses problèmes mentaux. Par contre deux solutions sont intéressantes :
– https://www.psycom.org/ Psycom est un organisme public de grande qualité. Il informe, oriente et sensibilise sur la santé mentale afin d’aider les personnes à agir en faveur de leur santé mentale et de celle des autres.
– l’ouvrage “Soyez Réhab . Guide pratique de réhabilitation psycho sociale” (Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux 2022 : 137 pages), Nicolas Rainteau, psychiatre et responsable d’un centre de réhabilitation à Chambéry, a précisé le concept de réhabilitation psycho sociale et sa mise en œuvre en pratique . La réhabilitation psycho sociale part du principe que les personnes souffrant de troubles psychiques sont d’autant plus susceptibles d’évoluer favorablement qu’elles reçoivent les outils nécessaires pour y parvenir et qu’on utilise leurs projets et souhaits comme des leviers . L e rétablissement, ça ne se prescrit pas, surtout pas, et surtout pas par des médecins, puisque le rétablissement est une définition beaucoup plus vaste que celle d’aller mieux juste d’un point de vue purement médical . C’est autre chose que d’améliorer des symptômes . Et donc, le rétablissement, c’est profondément individuel ; un parcours de vie décidé par la personne en termes de projet, mais aussi en termes de temporalité . Pourquoi “les usagers” ? On nous demande : « Pourquoi les appelez-vous “les usagers” ? Pourquoi vous ne mettez pas de blouse ? Pourquoi vous parlez de rétablissement ? Pourquoi n’utilisez-vous pas le terme “patient” ? » Ce n’est pas par style . On ne cherche pas à se donner un style différent . Concernant le terme “patient”, il renvoie au rétablissement purement médical, c’est-à-dire un point de vue de soignant, un point de vue des autres sur nous-mêmes tel que : « Je vous trouve mieux . Je trouve que votre moral va mieux . Je trouve que vous êtes prêt . Je trouve que vous n’êtes pas prêt . » Et en fait, tout ça, c’est qu’une petite partie du rétablissement . Or, la réhabilitation psycho sociale est au service du rétablissement personnel . Donc, de la définition qu’a la personne elle-même de son rétablissement . Loin des injonctions, être rétabli quand on a une maladie psychique, ce n’est pas forcément revivre seul, retravailler . On n’est pas dans une injonction “métro, boulot, dodo” . Par contre, c’est ne fermer aucune porte à ce que veut la personne et surtout pas donner son avis . Le rétablissement, c’est le point de vue de la personne . Donc, le rétablissement, en tout cas, tel que nous, nous le définissons en psychiatrie, mais aussi ailleurs, c’est vraiment le point de vue de la personne, sur lequel personne n’a un avis à donner, surtout s’il n’est pas demandé . En médecine, nous aimons bien donner notre avis, même quand il n’est pas demandé . « Vous voulez mon avis ? – Non . – Mais je vais vous le donner quand même . » La réhabilitation psycho sociale est quand même la partie soignante de notre travail . C’est l’ensemble de la boîte à outils qu’on va mettre au service des personnes, au service de leur rétablissement personnel, au service de leur projet . Les paradigmes sont assez clairs : on ne présume pas de ce que pourra faire la personne, jamais ; et on n’évalue pas les compétences que la personne a à faire les choses . C’est-à-dire que si quelqu’un arrive dans le centre de réhabilitation de Chambéry, avec, par exemple, une schizophrénie, en disant : « J’ai 22 ans, je vais être astronaute », on lui répondra : « Ok, allons-y » . On se demandera ce qu’il faut faire, et on commencera à tirer un bout de la ficelle . Ce sont des combats qui sortent de la manière classique qu’on a de voir la médecine habituellement, qui demeure quelque chose d’assez paternaliste, quelque chose d’assez infantilisant, quelque chose qui marque le “Je sais” . Notre changement de posture est vraiment de se mettre au service de la personne, d’accepter que la personne refuse ce qu’on lui propose, sans présumer de ce qu’il y a derrière . Quand on refuse un soin, ce n’est pas forcément qu’on est opposé à tout, qu’on n’a pas de conscience des troubles ou de la dangerosité . On peut avoir ses raisons qui sont tout à fait entendables . Donc l’idée a été de créer un outil qui se met au service des personnes, de leurs proches, parce que quand quelqu’un rentre dans une maladie psychique, c’est toute la famille qui y rentre, clairement . C’est quelque chose de tout nouveau, auquel on ne connaît pas grand-chose, au sujet duquel ce qu’on entend beaucoup, ce qu’on lit énormément, ce sont plutôt des choses stigmatisantes, des choses fausses . Donc, on se dit : « Mais qu’est-ce qu’on fout là ? Ça y est, c’est notre famille qui rentre chez les fous . » C’est ça qu’on peut entendre . Amener l’espoir . Le premier point de ce livre était d’amener l’espoir, clairement . C’est acté, c’est vu, c’est lu, c’est partout dans la littérature mondiale sur le sujet : on peut très bien avoir une vie épanouissante, selon sa propre définition, quand on vit avec une maladie psychique . Encore faut-il créer des environnements propices pour que les gens reprennent espoir en ces projets-là et les outiller si besoin, parfois par des choses spécifiques, parfois non . Prix Prescrire 2025 “Soyez Réhab . Guide pratique
Merci pour la qualité des écrits
C’est intéressant la psychiatrie biologique.