Près de six années se sont écoulées depuis la pandémie et on ignore toujours d’où vient le SARS-CoV-2. Faute de preuve décisive, l’hypothèse d’une origine issue de la faune sauvage n’est plus la seule admise : longtemps reléguée aux marges du complotisme, la piste d’un accident de laboratoire ne peut plus être balayée d’un revers de main.
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CINQ ANS après le choc de la pandémie de Covid-19, il est grand temps que le Parlement français crée une commission d’enquête sur l’origine du virus et examine les informations issues de la coopération franco-chinoise », écrivent des chercheurs et des journalistes dans une tribune publiée le 9 avril 2025 dans Le Monde.
POURQUOI L’ORIGINE COMPTE
Ils rappellent qu’à ce jour, l’origine du SARS-CoV-2 reste inconnue et qu’aucune preuve décisive n’a permis de trancher entre une origine zoonotique et une fuite de laboratoire. « Or ce n’est pas la même chose si l’origine du SARS-CoV-2 est liée à un accident de recherche ou si l’origine est purement zoonotique. Les conséquences pratiques ne sont pas les mêmes », explique Étienne Decroly, virologue, directeur de recherches au CNRS à Marseille et signataire de cette tribune. Dans un cas, la priorité est la surveillance des zoonoses ; dans l’autre, l’encadrement et la sécurité des recherches à très haut risque, comme celles que nous évoquions dans un précédent article.
C’est aussi l’un des points mis en avant par le rapport de l’Académie nationale de médecine (ANM), publié le 1er avril 2025 et intitulé « De l’Origine du SARS-CoV-2 aux risques de zoonoses et de manipulations dangereuses de virus ». Les auteurs y entérinent la coexistence des deux hypothèses, appellent à agir sans attendre dans les deux directions et plaident pour une gouvernance internationale des recherches à risque.
Sur le papier, les deux hypothèses restent donc ouvertes ; dans les faits, chacune bute sur ses propres angles morts. Cinq ans après, malgré des recherches étendues, aucun réservoir animal ni hôte intermédiaire n’a été identifié. La piste du pangolin avancée dès le début de la pandémie ayant été écartée, l’hypothèse naturelle demeure plausible, mais il lui manque la pièce maîtresse. C’est du côté de l’hypothèse d’un accident de laboratoire que les lignes ont le plus bougé.
Une adaptation est jugée « trop belle » et trop rapide pour être le fruit de simples mutations.
Les premiers doutes s’installent avec les analyses du génome, mis en ligne en janvier 2020. Les chercheurs y repèrent, sur la protéine spike, un « site de clivage à la furine », un élément qui agit comme une clé facilitant l’entrée dans nos cellules. Problème : cette particularité présente chez d’autres virus n’a jamais été observée dans la famille des SARS. Pour une partie des scientifiques, cette adaptation est jugée « trop belle » et beaucoup trop rapide pour être le fruit de simples mutations. Mais la lecture du génome ne permet pas de trancher entre insertion fabriquée ou naturelle, d’où l’impossibilité de conclure définitivement.
Mais le doute s’est nourri d’une série de documents apparus au fil du temps. Déclassifications, accès administratifs et enquêtes ont mis au jour des éléments qui, sans constituer une preuve formelle, étayent un doute raisonnable sur un possible accident de recherche. C’est notamment dans le champ du renseignement que ces éléments ont émergé.
Parmi les révélations les plus récentes, une analyse interne de la Defense Intelligence Agency (DIA), le service de renseignement du Pentagone, datée de juin 2020 et obtenue en 2025 par l’ONG américaine U.S. Right To Know (USRTK), spécialisée dans les demandes d’accès aux documents administratifs (FOIA). Cette note relève que des expériences sur des coronavirus de type SARS ont été menées à Wuhan en BSL-2, « ce qui rendrait plus probable une libération accidentelle d’un coronavirus de chauve-souris ».
Les laboratoires étant classés du moins sécurisé (BSL-1) au plus sécurisé (BSL-4), travailler sur des coronavirus de type SARS en BSL-2 augmente mécaniquement le risque de fuite accidentelle par rapport à un niveau de confinement plus élevé.
En Allemagne, une note des services de renseignements extérieurs, commandée par Angela Merkel en 2020 et restée confidentielle jusqu’à sa révélation en mars 2025 conclut aussi à une probabilité élevée d’accident à Wuhan.
LA FABRIQUE DU CONSENTEMENT
À partir de 2023, une autre source d’informations s’ouvre : le Congrès américain lance une vaste enquête sur la pandémie. Auditions sous serment, e-mails et documents déclassifiés à l’appui, ces travaux parlementaires jettent un éclairage troublant sur la manière dont certaines prises de position scientifiques ont été élaborées et relayées au tout début de la crise. Deux textes, en particulier, retiennent l’attention des élus.
Le premier est une lettre signée par 27 scientifiques et parue le 19 février 2020 dans The Lancet. Ils y « condamnent fermement les théories du complot » sur une origine non naturelle et affirment qu’une « large majorité » de chercheurs penchent pour une origine dans la faune sauvage. L’une des premières prises de position d’ampleur à parler de « complotisme » s’agissant d’hypothèses alternatives, fixant ainsi le ton du débat.

Or des e-mails obtenus dès 2020 par U.S. Right To Know via des demandes FOIA montrent que cette lettre a été rédigée et coordonnée en coulisses par Peter Daszak, alors président d’EcoHealth Alliance. Cette ONG américaine spécialisée dans les maladies émergentes, largement financée par des fonds publics – notamment le National Institutes of Health (NIH) – est une partenaire de longue date de l’Institut de virologie de Wuhan (IVW) pour des travaux à risque, menés en particulier en BSL-3.
Daszak demande que la lettre « n’ait pas le logo d’EcoHealth Alliance et ne soit identifiable comme provenant d’aucune organisation ou personne », tout en envisageant même de ne pas la signer pour « lui donner de la distance » et maximiser « une voix indépendante » dans un accès de soudaine modestie qui en dit long sur les véritables intérêts à préserver.
Il apparait que des scientifiques ont mis leur notoriété et leur statut au service d’intérêts privés.
Autre épisode révélé par l’enquête du Congrès où il apparait que des scientifiques ont mis leur notoriété et leur statut au service d’intérêts privés bien établis. Il concerne l’article intitulé « The proximal origin of SARS-CoV-2 » qui parait dans la revue Nature Medicine le 17 mars 2020, un mois après la lettre du Lancet.
Signé par cinq chercheurs, l’enquête montre qu’il a été initié et coordonné par Jeremy Farrar, alors directeur du Wellcome Trust, l’une des plus puissantes fondations biomédicales[1]– Le Wellcome Trust finance massivement la recherche et détient des participations dans plusieurs grands groupes pharmaceutiques et medtech. En 2023/2024, le Wellcome Trust a attribué environ 1,5 … Continue reading. Des échanges internes suggèrent la volonté de limiter un « vrai bordel (shit show) » sur le plan diplomatique entre les États-Unis et la Chine, et d’éviter un durcissement des règles de biosécurité. Avec, en toile de fond, la question délicate de financements publics américains ayant pu soutenir des travaux sensibles, parfois menés en BSL-2 à Wuhan.
« The proximal origin » devient rapidement LA référence brandie par les laboratoires, les agences et de nombreux médias pour disqualifier l’hypothèse d’un virus de laboratoire. Selon USRTK, cet article aurait été lu par « plus de 5 millions de personnes ».
Depuis, Jeremy Farrar a été « promu » en 2023 scientifique en chef de l’OMS (Chief Scientist), puis en 2025 directeur général adjoint chargé de la division scientifique (Assistant Director-General for the Division of Science). À ce titre, il participe désormais à définir et porter la ligne officielle de l’organisation, qui continue d’affirmer que l’origine zoonotique reste l’hypothèse la plus probable, tout en reconnaissant qu’un accident de laboratoire ne peut pas être exclu faute d’accès aux données nécessaires, renvoyant ainsi la balle dans le camp chinois.
Publié en décembre 2024, le rapport du congrès ne tranche pas mais conclut que l’hypothèse la plus probable est une émergence depuis un laboratoire de Wuhan (« COVID-19 most likely emerged from a laboratory in Wuhan, China »).
Cinq ans après, malgré ces révélations, il n’y a toujours pas de consensus scientifique – même si, pour certains, la messe est dite.
LE PROJET DEFUSE, L’ELECTROCHOC
« Avec ce que l’on a déjà, on peut raisonnablement trancher », estime Renaud Piarroux, épidémiologiste, chef du service de parasitologie-mycologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Pour lui, l’hypothèse d’un virus issu de recherches ne fait plus guère de doute : « Entre un site de clivage à la furine, une adaptation très efficace à l’humain et l’absence d’intermédiaire identifié entre les chauves-souris et l’homme, l’hypothèse laboratoire prend le dessus. »
Ce qui l’a définitivement convaincu – lui et d’autres – c’est le projet DEFUSE, une proposition de recherche soumise en 2018 à la DARPA, l’agence de recherche du Pentagone, par EcoHealth Alliance et Peter Daszak. Le projet visait à insérer un site de clivage à la furine dans des coronavirus de chauve-souris manipulées en laboratoire afin d’en évaluer l’infectivité. « Le virus ainsi obtenu est le portrait-robot de SARS-CoV-2 », résume Piarroux. Pour beaucoup de chercheurs, DEFUSE a agi comme un électrochoc.

Mais ce n’est pas tant le projet final qui pose question que ses brouillons, obtenus en 2024 à la suite d’une nouvelle demande de documents déposée par U.S. Right To Know. L’ONG a ainsi récupéré des versions de travail et des échanges internes corroborant l’existence de DEFUSE et son intention de fabriquer une chimère. À la page 134 du brouillon, Peter Daszak note en marge : « Ralph, Zhengli. Si nous remportons ce contrat, je ne propose pas que l’intégralité de ces travaux soit nécessairement réalisée par Ralph [aux États-Unis], mais […] une fois les fonds obtenus, nous pourrons répartir les tâches […] et je suis convaincu que nombre de ces analyses peuvent également être réalisées à Wuhan… ».
La DARPA affirme, devant le congrès, avoir refusé de financer DEFUSE car jugé trop dangereux. Ce qui ne signifie pas que l’expérience n’ait pas eue lieu ou qu’une équipe de chercheurs ne s’en soit pas inspirée. Mais là n’est pas la question pour Jérémy André, journaliste et auteur d’une grande enquête[2]– Au nom de la science de Jérémy André – Editions Albin Michel. sur l’origine du virus. « DEFUSE importe en tant qu’il présente l’idée exacte du SARS-CoV-2 : trouver ou produire un virus semblable, avec cette particularité unique, le site furine, jamais observé auparavant dans cette famille de virus lié au SARS, ni depuis », écrit-il.
Des conclusions de la mission de l’OMS négociées avec les autorités chinoises.
Une part de la réponse se trouve sans doute dans des données détenues en Chine, dont l’accès a été bloqué très tôt. Fin 2019, la base associée à l’IVW et gérée par l’équipe de Shi Zhengli, qui comptait plus de 22 000 souches de virus de chauves-souris, est soudainement mise hors ligne. La virologue chinoise justifie cette fermeture par des raisons de sécurité informatique, invoquant des tentatives de piratage. Une explication reprise par les autorités chinoises, puis entérinée en 2021 par la mission conjointe OMS–Chine sur les origines du Covid-19, dépêchée à Wuhan.
Cette mission est codirigée par le Danois Peter Ben Embarek, cadre de l’OMS spécialiste des zoonoses. Y participent également Peter Daszak, qui défend la version de Shi Zhengli, alors même que son organisation, EcoHealth Alliance, a contribué à construire et alimenter cette base de données. Ben Embarek reconnaîtra ensuite, dans un documentaire danois diffusé en 2021, que certaines conclusions de la mission – notamment la qualification de la piste de fuite de laboratoire comme « extrêmement improbable » – avaient été négociées avec les autorités chinoises.
Pour Renaud Piarroux, cet épisode montre surtout qu’il n’y a pas eu de véritable enquête. « Une investigation n’est pas une négociation ». C’est l’une des raisons pour lesquelles il a signé la tribune du Monde, réclamant une commission d’enquête parlementaire réellement indépendante des jeux diplomatiques. « Dans la mesure où la France a mis des moyens dans une collaboration avec la Chine, on aimerait bien savoir à quoi ça a servi. Et manifestement, tout ça n’a pas donné des résultats extraordinaires », ajoute l’épidémiologiste.
« Notre rôle, comme scientifiques, c’est de signaler qu’il y a une question à traiter. À eux de mettre en place les commissions adéquates pour évaluer ces risques et, si nécessaire, légiférer », ajoute Etienne Decroly, renvoyant ainsi la balle dans le camp des élus.
D’autant que la France n’est pas une spectatrice neutre dans cette affaire puisqu’elle a joué un rôle direct dans la genèse du laboratoire aujourd’hui au cœur des soupçons. En 2004, Jacques Chirac signe un accord d’État à État avec la Chine pour construire et accompagner la mise en service d’un laboratoire de virologie de niveau BSL-4 à Wuhan.
LA FRANCE AU CŒUR DU SCANDALE
Une coopération qui a tourné au fiasco. Sur le papier, le France devait apporter un cadre technique et une présence scientifique durable. Dans les faits, une enquête d’Antoine Izambard (Challenges) décrit dès 2020 une coopération « au point mort ». À l’inauguration du laboratoire, Bernard Cazeneuve avait annoncé une enveloppe de 5 millions d’euros sur cinq ans, confiée à l’Inserm, pour financer les séjours des chercheurs et des projets communs. Au printemps 2020, cette enveloppe n’était toujours pas dépensée.
Dans son enquête, Jérémy André révèle plusieurs documents internes attestant de ce décrochage. Une note de l’Inserm du 18 juillet 2018, alerte sur des responsabilités mal encadrées. Elle fait notamment référence à la présence, en 2018-2019, du professeur René Courcol, alors seul représentant français à Wuhan. Ce bactériologue spécialiste de la biosécurité était censé fournir, côté français un « cadre qualité » pour aider les équipes de Wuhan. Problème : Paris découvre en 2018 qu’il n’est pas clairement missionné par ceux qui auraient dû le superviser, notamment l’Inserm.

La note de 2018 alerte sur le risque que cette « mission Courcol » implique que la France endosse une responsabilité si un incident survenait, alors que les autorités françaises répètent que la sécurité et l’accréditation relèvent des autorités chinoises. En clair : présence technique française, oui ; responsabilité opérationnelle sur le BSL-4, non. De retour en France, René Courcol est resté silencieux, soumis à une obligation de réserve.
Toujours selon l’Inserm, la partie chinoise avait indiqué que la prise en main du BSL-4 se ferait d’abord avec des pathogènes de classe 3, comme les coronavirus. Or, lors d’une réunion de crise au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) fin janvier 2020, une note de cadrage adressée aux cabinets ministériels adopte une tout autre ligne : elle rappelle que l’accréditation du laboratoire, obtenue en 2017, ne porte que sur des agents de classe 4 (Ebola, Nipah, Crimée-Congo) et « qu’aucune information » ne permet d’envisager la présence d’un coronavirus de type SARS. Autrement dit la France ne sait rien et n’est responsable de rien. Un commentaire interne de la Direction générale de la santé résume la position à tenir : « le but est de dire que c’est un labo chinois géré par les Chinois ».
Qu’a réellement vu, fait et documenté la France ? Cinq ans après, « on ne sait toujours pas ce qui s’est passé, mais on n’a pas cherché », résume Jérémy André, signataire de la tribune du Monde.
Ni l’Assemblée ni le Sénat ne semble disposé à se saisir de la question.
« En tant que journalistes, nous sommes allés au bout de ce que nous pouvions faire, dans les limites de ce que notre métier permet. Maintenant, seule une enquête parlementaire pourrait amener des éléments nouveaux », plaide-t-il.
Les parlementaires disposent en effet de moyens d’investigation bien supérieurs : ils peuvent convoquer sous serment les acteurs impliqués dans ce dossier qui ont alors l’obligation de comparaître. Ils peuvent également se faire communiquer des documents internes inaccessibles au public et susceptibles de documenter ce qui s’est réellement passé à Wuhan. Mais manifestement ni l’Assemblée ni le Sénat ne semble disposé à se saisir de la question.
Jérémy André explique qu’au fil de son enquête, plusieurs parlementaires approchés lui ont confié considérer la question des origines du SARS-CoV-2 comme une affaire purement scientifique, qui ne relèverait donc pas de leur mandat, tandis que d’autres disent craindre d’être rangés dans le camp des complotistes. Une peur bien réelle, que de nombreux scientifiques disent aussi partager et qui s’explique sans doute par la manière dont la question a été, dès le début, récupérée sur le terrain politique par des acteurs comme Donald Trump.
LA« THÈSE DU LABO » DISQUALIFIÉE
En 2020, celui-ci brandit la « thèse du labo » comme arme géopolitique en accusant explicitement l’IVW d’être à l’origine du virus qu’il qualifie de « chinois », tandis que Pékin renvoie l’accusation vers les États-Unis. Dès lors toute évocation d’une « chimère » échappée d’un laboratoire est aussitôt considérée comme « trumpiste », « réactionnaire » et « d’extrême droite ». Aujourd’hui, la Maison Blanche fait de la fuite de l’IVW la ligne officielle de l’origine de la pandémie.
Cette instrumentalisation d’un débat d’intérêt mondial a constitué et constitue encore un véritable frein à l’émergence de la vérité. Que cette vérité émane un jour de la France semble donc hautement improbable, tant exécutif et parlementaires paraissent préférer le confort du silence au courage d’ouvrir enfin le dossier.
Pourtant la question de l’origine du virus dépasse de loin le débat technique entre spécialistes. À l’heure où certaines pratiques de laboratoire peuvent devenir des facteurs de risque, déterminer d’où vient le SARS-CoV-2 engage des choix collectifs : c’est un enjeu politique au sens plein, qui conditionne la manière dont on encadre – ou non – les recherches à haut risque.
Renoncer à enquêter, c’est accepter que d’autres, ailleurs, décident seuls de la manière dont se fabriquent – et se gèrent – les prochaines pandémies.
Florence Gaillard, journaliste / Sciences Critiques.
> Illustration de Une : crédit fernandozhiminaicela/Pixabay
Notes[+]
| ↑1 | – Le Wellcome Trust finance massivement la recherche et détient des participations dans plusieurs grands groupes pharmaceutiques et medtech. En 2023/2024, le Wellcome Trust a attribué environ 1,5 milliard de livres de subventions pour 611 projets de recherche. Ces financements couvrent largement la biomédecine/biotech, avec des projets de virologie et de biologie moléculaire. |
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| ↑2 | – Au nom de la science de Jérémy André – Editions Albin Michel. |