« La science est une chose trop importante pour être laissée entre les mains des seuls savants. » (Carl E. Sagan)

Arnaque transhumaniste, arnaque productiviste
par Sarah Dubernet

Le Transhumanisme n'est-il pas le support idéologique du productivisme depuis ses débuts, tout autant qu'une très vieille arnaque qui se dévoile désormais sans complexe dans des discours « high tech » ? Le Transhumanisme est, avant tout, un discours terriblement laid sur l'existence et terriblement beau sur la technologie, à l'heure où celle-ci n'a jamais été aussi nocive et tyrannique. Il est temps de penser sérieusement − avec toute la gravité que cela implique − une résistance organisée à cette religion mondialisée dévastatrice.

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> Sarah Dubernet, infirmière, titulaire d'un Master en Santé Environnementale, spécialiste des nanotechnologies. / Crédit DR.

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EPUIS le début des années 2000, de très nombreux rapports publics et médias de masse 1 évoquent le vaste thème des nanotechnologies, relayant globalement le type de discours cousus main par les techniciens de la communication.

En 2009, le gouvernement lançaient deux débats publics simultanément : l’un sur les nanotechnologies, quasi inexistant dans les médias, et l’autre, à l’inverse, omniprésent, sur l’identité nationale. Dans la mesure où tout était déjà mis en place pour le développement des nanotechnologies, tant d’un point de vue budgétaire qu’organisationnel, ledit débat fût vivement critiqué par les quelques collectifs qui se penchaient sur le sujet, interrogeant son intérêt en aval des décisions politiques. 2

Il s’agissait probablement de mesurer l’acceptabilité sociale de ces décisions. Car, on constate, depuis 2010, quelques réajustements dans les discours de communication, portant principalement sur les termes techniques employés, d’une part, et sur la question du Transhumanisme, d’autre part.

Avant le débat public, ce sujet était assez discret et rapidement présenté comme « une fiction » dans les débats universitaires. Aujourd’hui, les articles et émissions de radio comme de télévision sur le sujet se multiplient, promouvant de façon claire et décomplexée cette orientation sociale et ne posant − bien entendu − que trop rarement les questions qui fâchent.

De quoi le Transhumanisme est-il réellement le nom ?

A l’heure où les mêmes médias identifient le rom, l’arabe ou le schizophrène du coin comme les plus grands dangers de nos sociétés, essayons de comprendre ensemble de quoi le Transhumanisme 3 est-il réellement le nom, et tâchons de ne pas nous tromper de problème...

Dans les rapports, comme dans les médias de masse, l’histoire du Transhumanisme est présentée comme étant liée à l’histoire des nanotechnologies. On dit qu’au début des années 1980, IBM a mis au point un microscope à effet tunnel permettant non plus seulement de voir les atomes − ce qui se faisait déjà − mais désormais de les manipuler, ouvrant ainsi la possibilité de les agencer pour créer de la matière, vivante ou inerte.

On dit alors que quelques scientifiques, ingénieurs, artistes et philosophes se sont réunis pour discuter des possibilités d’agir en profondeur sur l’être humain afin de le modifier. En 1986, l'ingénieur Kim Eric Drexler vulgarise le terme « nanotechnologies » auprès du grand public avec un livre intitulé Nanotechnologies, engins de création, qui concourt à fixer l’imaginaire des possibilités offertes par ces nouveaux outils.

On ne dit rien de ce qui se passe entre le début des années 1980 et les premières déclarations gouvernementales officielles d’orientation budgétaire − massive − vers les nanotechnologies, en 1999 pour le Japon, en 2000 pour les Etats-Unis et en 2003 pour la France. En 2002, le gouvernement américain commande à la National Science Foundation un rapport intitulé « Faire converger les technologies pour améliorer les performances humaines » 4. Rapport qui marque le caractère désormais officiel de l’idéologie transhumaniste comme orientation sociale souhaitée politiquement.

Agir en profondeur sur l’être humain pour le modifier.

En France, la communication est moins clairement assumée. Mais il n’en reste pas moins que les discours transhumanistes se retrouvent très exactement dans les orientations idéologiques, budgétaires et organisationnelles, tant des politiques de recherche et développement que des politiques sociales et culturelles, dès le début des années 2000.

 

LA TECHNICISATION DE L'ÊTRE HUMAIN

 

Quels sont ces discours ? En surface, nos médias aiment à présenter le Transhumanisme comme un courant de pensée prônant l’amélioration de la condition humaine, avec un accent clairement mis sur les capacités des nouvelles technologies à venir au secours du traitement des maladies, de l’abolition de la vieillesse, voire de la mort.

Quelques figures représentent ces discours, notamment l’association francophone transhumaniste − nommée Technoprog −, souvent représentée par son vice-président, Didier Coeurnelle, ou encore Laurent Alexandre, médecin-businessman que l’on voit et lit beaucoup ces dernières années dans des émissions ou des articles de presse, sans que jamais ceux-ci ne mentionnent ses propres conflits d’intérêts. 5

Les mêmes médias promeuvent, par ailleurs, avec force, lesdites nouvelles technologies, l’Homme augmenté ou l’Intelligence Artificielle sans pour autant les mettre systématiquement en lien avec le Transhumanisme, se faisant ainsi le relais de ce support idéologique de façon sous-jacente.

Les médias de masse se font le relais du transhumanisme.

Aux Etats-Unis, de nombreux « sous-courants » du Transhumanisme sont représentés, des libertariens aux extropiens, en passant par l’impératif hédoniste. Chacun porte quelques variantes de discours mais tous sont liés à l’association internationale transhumaniste H+ (pour Humanity + ou l’Humanité augmentée).

Quand on surfe sur les sites de ces différents courants, on peine à y voir clair dans un premier temps, car à peu près tous les types de questions qui secouent l’Humanité depuis la nuit des temps y sont traitées : la maladie, la vieillesse, la mort, mais aussi l’empathie et la violence, les performances physiques et intellectuelles, notre rapport à la nature, les problèmes environnementaux, la recherche en aérospatial ou encore la surpopulation mondiale. Tous ont néanmoins un point commun, qui définit à lui seul le Transhumanisme : la volonté d’accélérer le développement technologique et d’abolir ses freins et ses critiques.

Quelque soit le problème soulevé, la réponse transhumaniste réside dans la « high-tech ». L’être humain fait la guerre ? Les manipulations génétiques, les neurosciences et les « médicaments de la personnalité » amélioreront son empathie. L’être humain est malade ? Des nano-robots surveilleront sont état de santé − de sa naissance à sa mort − et répareront, en temps réel, ses « pièces défectueuses ». L’être humain meurt ? La génétique trouvera une réponse à ce problème. Sinon, on pourra immortaliser sa conscience en la téléchargeant sur un disque dur. Et puis, comme ce n’est pas pour maintenant, commençons par cryogéniser les corps, moyennant de larges finances, pour quand on sera prêts. L’être humain dévaste son environnement ? Les nano-bio-technologies permettront de mettre en oeuvre des solutions industrielles « propres » et les nano-capteurs introduits partout de suivre de plus près les catastrophes naturelles. Nous sommes trop nombreux pour supporter ce système ? Contrôlons les naissances et ralentissons-les.

Quelque soit le problème soulevé, la réponse transhumaniste réside dans le développement technologique et l'abolition de ses freins.

Les discours transhumanistes tournent globalement autour de la technicisation de l’être humain, de la technicisation de l’environnement et de la colonisation de l’espace. Les moyens techniques mis en avant pour résoudre les problèmes sont, quant à eux, très exactement ceux qui constituent les supports industriels émanant des orientations spéculatives de la bourse, à savoir les nouvelles technologies présentées sous l’acronyme « NBIC », pour la convergence des Nanotechnologies, des Biotechnologies, de l’Informatique − entendre électronique − et des Sciences Cognitives − entendre neurosciences −, car nombre de ces développements proposent des interfaces Homme-machine, ou animal-machine, qui passent par des liens entre les circuits neurologiques et électroniques.

On peut ajouter deux domaines plus difficiles à mettre en avant sous l’angle promotionnel, mais néanmoins très liés, à savoir les industries nucléaires et chimiques.

Bien évidemment, comme les solutions sont technologiques, les problèmes sont envisagés de façon purement matérielle, la nature comparée à une machine et la culture considérée comme une « méthode traditionnelle » 6 dont l’être humain pourra désormais se passer.

 

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Qu’elles en aient conscience ou non, les associations de transhumanistes sont le pur produit d’une société que les banques, les assurances, les multinationales industrielles et les politiques entretiennent. Car, ces orientations sociales sont belles et bien celles qui sont mises en place politiquement, malgré leur caractère extrêmement coûteux − sur fond de soi-disant « crise économique » − et malgré leur caractère dévastateur, tant pour le vivant que pour la pensée humaine et la paix sociale.

Dans les faits, nous assistons, en effet, à une accélération technologique sans précédent et à une incapacité pour toute forme de pensée critique à son égard d’être quelque peu efficiente.

toute forme de pensée critique à l'égard de l'accélération technologique devient de moins en moins efficiente.

Vous l’aurez compris, les termes techniques employés correspondent à des investissements financiers. Peu importe ce qui en émane concrètement, pourvu qu’ils inondent les différents marchés − du BTP (Bâtiment et Travaux Publics) à l’automobile, en passant par la santé. L’avantage actuel pour les investisseurs est la rapidité de développement couplée à la complexité des procédés qui échappent à toute réglementation, et même à toute compréhension humaine. C’est là tout l’intérêt des nano-brevets.

Alors, les problèmes humains seront-ils résolus grâce à cette accélération ? A priori, elle semble plutôt en rajouter une bonne couche.

Côté santé humaine et problèmes environnementaux, l’introduction de nano-particules, partout où l’on trouve déjà de la chimie de synthèse, et l’élaboration de matériaux hybrides, pouvant être élaborés à partir d’atomes issus du vivant et d’atomes issus de l’inerte − sous la vague appellation de « nano-bio-technologies » −, et dont seuls les industriels ont le véritable secret, promettent des problèmes durables. Peu importe, ou même tant mieux, pour les groupes comme Google, Orange ou Électricité de France (EDF), qui investissent, comme tout le monde, dans le domaine de la santé.

Côté liberté humaine, l’introduction de nano-puces et nano-capteurs partout − de la couche de bébé à la prothèse mammaire, en passant par des vêtements vendus à votre employeur proposant une surveillance continue de vos paramètres biologiques et comportementaux − n’est pas non plus de bon augure, à l’heure où santé et sécurité se privatisent et se mêlent dangereusement. D'ailleurs, le gouvernement s’occupe activement de la mise en place de l’industrialisation des Open datas, autrement dit de la récolte et de la vente des informations les plus intimes nous concernant…

Côté paix sociale, que dire de la déferlante robotique qui nous met un peu plus à distance chaque jour les uns des autres et qui propose un monde où la médecine se fait à distance, tout comme l’éducation et la justice 7, par le biais d’objets « communicants », eux ?

Nous assistons à la mise à mort de l’intelligence humaine.

Enfin, alors que les moyens sont mobilisés en faveur de l’Intelligence Artificielle 8, c’est bien à une mise à mort de l’intelligence humaine que l’on assiste, tordant les savoirs scolaires et universitaires pour les plier aux valeurs dégueulasses de l’industrie et de la finance, quitte à ne plus former les scientifiques qu’à une démarche d’ingénierie et à orienter les recherches afin qu’elles permettent au système de fonctionner.

 

UN TECHNO-MONDE VIOLENT ET VIDE DE SENS

 

Mais tout cela est-il nouveau ? Le Transhumanisme n’est-il pas le support idéologique du productivisme depuis ses débuts ? Trois pelés − malheureusement influents − ont décidé, il y a 150 ans, d’investir massivement dans la chimie de synthèse, et la voici qui envahit tous les domaines de la vie, poussant le cynisme jusqu’à être présentée comme seul outil valable de la médecine dite « moderne ». Dès lors, dans les universités, toute pensée naturaliste est évincée, tout enseignement en toxicologie absent, et l’on se met à banaliser ou nier les effets néfastes de ce tout chimique. 9

Aujourd’hui encore, n’entendons-nous pas constamment que l’ère industrielle est synonyme de progrès ? Que c’est grâce à elle si nos espérances de vie sont soi-disant augmentées, faisant fi du nombre de morts et de malades − humains ou non − qu’elle ne cesse de provoquer, d’abord via les guerres qu’elle occasionne, ensuite dans les lieux de production et, enfin, pour chacun d’entre nous ?

Un eugénisme aux forts relents de nazisme, qui compare l’être humain à un chimpanzé.

Le Transhumanisme est, avant tout, un discours terriblement laid sur l’existence et terriblement beau sur la technologie, à l’heure où celle-ci n’a jamais été aussi nocive et tyrannique.

Ce n’est rien d’autre que Monsanto qui technicise et brevette les semences mondiales afin d’avoir la main dessus, ou l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) qui enseigne aux ingénieurs agronomes que la nature a besoin de pesticides, au lieu de leur apprendre comment la comprendre et utiliser ses propres ressources. C’est également notre médecine moderne qui joue le jeu d’un système marchand en vous collant un anxiolytique à la moindre question existentielle ou un antibiotique à la moindre infection, au lieu d’aider votre corps et votre âme à s’occuper de ça − éventuellement avec quelques plantes qui poussent dans votre jardin.

 

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Le Transhumanisme est une très vieille arnaque qui se dévoile aujourd’hui sans complexe dans des discours « high-tech » à la sauce hollywoodienne. L’arnaque d’un eugénisme ayant de forts relents de nazisme, n’hésitant pas à comparer l’être humain à un chimpanzé. L’arnaque du businessman qui vous vend de l’Homme immortel, à l’heure où le vivant n’a jamais été aussi malade − comme jadis on vendait le nucléaire comme remède miracle dans les pommades au radon et les « eaux radieuses ». L’arnaque d’une promesse d’amélioration de vos capacités, quand il n’est question que de les substituer et de vous aliéner un peu plus. L’arnaque, enfin, de l’illusion de toute-puissance du dopé, à l’heure où l’on n’aura jamais été autant fliqués, sans savoir par qui ni pourquoi. 10

Mais, la bonne nouvelle, c’est que le Transhumanisme résonne aussi comme un « ça passe ou ça casse » du côté de nos décideurs, qui doivent désormais redoubler d’efforts et de discours « hype » pour calmer les critiques sociales de ce techno-monde violent et vide de sens, via privatisation et multiplication des supports médiatiques, dogme technocratique sans précédent dans les écoles et les universités, accélération de la production de lois et de normes toujours plus opaques 11, secret des affaires et même, depuis 2012, possibilité de classer « zone à régime restrictif » − soit « secret défense » − tous les domaines de la recherche sur demande de l’entrepreneur. Tous, y compris la santé publique, le climat ou les thérapeutiques…

Organiser la résistance face à cette religion mondialisée.

L’autre bonne nouvelle, c’est qu’il nous permet de mettre enfin un mot sur ce qui conditionne nos quotidiens et provoque chez certains un grand malaise, à savoir cet environnement technicien jusque-là impensé.

Car, il va bien falloir, à un moment donné, penser sérieusement − et avec toute la gravité que cela implique − une résistance organisée face à cette religion mondialisée qui dévaste bien plus que de manger halal. Et ce serait mieux de s’en préoccuper avant d’être tous équipés de puces et de capteurs connectés à nos décideurs…

Sarah Dubernet

 

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Notes:

  1. − Est considéré ici comme « médias de masse », ce que l'on trouve globalement dans les kiosques à journaux, à la télévision et sur les ondes radio − soit ce qui appartient à de grands groupes −, que ces médias se présentent comme informatifs, publicitaires ou de loisir. /
  2. − Voir le site de Pièces et Main-d'Oeuvre (PMO) et lire leur tribune libre : « Les deux cultures », ou la défaite des humanités, 25 septembre 2016 (NDLR). /
  3. NDLR : Lire la tribune libre de Jean-Michel Besnier, Transhumanistes contre bioconservateurs, 25 février 2016. /
  4. − Rapport dirigé par Milhail C. Roco et William S. Bainbridge en 2002. /
  5. − Laurent Alexandre a investi dans la télé-médecine et la médecine prédictive, deux domaines émanant de cette bulle spéculative. /
  6. − Expression visible sur l'ancien site d'AFT Technoprog. /
  7. − Télé-médecine, télé-éducation, télé-justice, etc. /
  8. NDLR : Lire Intelligence Artificielle : la science rongée par le mythe, 8 avril 2015. /
  9. − Lire notre « Grand Entretien » avec Joël Spiroux de Vendômois : « Le XXIème siècle doit devenir le siècle de l'hygiène chimique », 10 juin 2016. /
  10. − Précisons que toute personne effectuant des recherches sur les activités « scientifiques » de la France est susceptible d'être surveillée au même titre qu'un djihadiste. /
  11. NDLR : Lire la tribune libre de Simon Charbonneau, L'empire idéologique des chiffres, 27 août 2016. /

4 commentaires

  1. En effet, l’article est tout à fait intéressant par sa clarté et la précision avec laquelle l’auteur expose tout ça. Une question tout de même : vous dites que « …le gouvernement s’occupe activement de la mise en place de l’industrialisation des Open datas, autrement dit de la récolte et de la vente des informations les plus intimes nous concernant… » Serait-il possible d’avoir quelques infos sur ce sujet ? le gouvernement récolte les données, ça a certes commencé il y a assez longtemps, mais la vente …
    AD

    • Concernant la vente des données… par où commencer ? J’aime assez l’illustrer à travers la « médecine » :
      Lorsque l’on parle de « médecine prédictive », on peut aussi bien comprendre « sélection embryonnaire » que « tests de prédisposition génétique » ou encore « télémédecine » : dans tous les cas, le but mit en avant est de voir arriver la maladie avant qu’elle n’arrive (la prédire).
      Lorsque l’on parle de « télémédecine », on parle d’objets, plus ou moins humanisés, qui ont pour objectif de capter et transmettre des données biologiques et comportementales, et réagir de façon plus ou moins autonome à la situation.
      Or, il n’y a aucune frontière juridique entre « prévention », « santé publique » et « prédiction » et les « open datas » deviennent des « big datas » dès lors qu’il est question… de santé publique.
      Enfin, ladite santé publique est désormais éligible à la classification « zone à régime restrictif » (ZRR ou encore secret défense), comme tous les domaines de la recherche depuis 2012 et c’est un service que l’on rend à l’entrepreneur. Les grands discours sur « l’open science » sont globalement fumeux malheureusement.
      Pour vous donner une idée de la façon dont les choses se croisent, je vous encourage à regarder les développements mis en avant par le site Netexplo (https://www.netexplo.org/fr/) ou encore les sites de l’Alliance Big data (http://www.alliancebigdata.com/fr/accueil) ou du GFII (http://www.gfii.fr/fr/). Par exemple, cette phrase sur l’intérêt des big datas en psychiatrie sur un site attenant : « La combinaison des données médicales et des données personnelles (mails, réseaux sociaux,…) permet de diagnostiquer des pathologies comportementales volontairement cachées par les patients et difficiles à détecter par des méthodes traditionnelles. Ces diagnostics pourront contribuer à la reconnaissance de nouveaux biomarqueurs accompagnant les maladies psychiatriques. » (http://observatoirebigdata.fr/2016/10/les-big-data-interessent-les-psychiatres/). Voilà un bon exemple de NBIC, comprenez-vous l’idée de la convergence ? Elle est à multiples sens !
      Google, Orange, la BNP… tout le monde investi dans la nébuleuse, que ce soit en « santé et bien-être » ou ailleurs.
      Bien à vous.

  2. Jean-François HEROUARD 5 novembre 2016 à 12 h 19 min Répondre

    Article passionnant. Dommage qu’il finisse sur une fausse note : » cet environnement technicien jusque-là impensé. ». Comme si Ellul (« Le système technicien »), Charbonneau, Anders, Orwell, Illitch, Gorz et plusieurs autres n’avaient rien écrit. Le problème n’est pas que cet univers soit impensé. Alain Gras, Latouche, Fressoz, Sadin, Jarrige, Bihouix, PMO, ce site même (je picore dans une liste non-exhaustive) continuent le sillon de ces précurseurs. Le problème est celui des angles d’attaque des résistances, je l’écris au pluriel, car il n’y aura pas de Grand Soir.

    • En effet, il n’est pas correct de dire que c’est un impensé, y compris au-delà des auteurs cités. Mais de points de vue tant institutionnel que médiatique, il semble plus que difficile de remettre en question ce productivisme effréné! Le Transhumanisme, tout comme les nanotechnologies, sont sans cesse présentés comme « inéluctables », quand ce n’est pas « souhaitables »…

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